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Patrimoine Culturel et Historique du Canton de Mouy
Histoire de notre Canton
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Les Etablissements J.M.Paillard
Article mis en ligne le 29 juin 2014

par Mauricette
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Passé industriel du canton


Le XIXème siècle a été une période de développement industriel pour la vallée du Thérain. Grâce à la rivière et à la force motrice de son courant, les moulins ont permis l’utilisation de machines mécaniques. St Félix, Hondainville, Bury, Angy et Mouy sont les principales communes qui en tirent profit.


Les différentes retenues d’eau indispensables pour réguler le débit des roues ont sans doute envasé le fond de la vallée déjà marécageuse. Les travaux agricoles ont été renvoyés sur les plateaux qui bordent la vallée.


Mouy devient un des centres industriels les plus performants de la région. En 1900, on relève, entre autre :


 2 Fabriques de bouteilles d’acétylène


 1 Fabrique d’articles de bureau


 1 Fabrique de cannes à pêche


 2 Fabriques de boutons


 2 briqueteries


 3 brosseries


 1 fabrique de cardes*


 9 fabriques de chaussures


 2 imprimeries


 1 fabrique de talons


 1 fabrique de tapis


 Après la guerre de 1914/1918 le nombre d’usines diminue (regroupement ou disparition). Les secteurs de la chaussure et du tissage qui occupaient beaucoup la main d’œuvre locale sont les plus touchés.


 Toutefois on relève encore :


 1 fabrique d’acétylène


 1 fabrique d’articles de bureau


 1 fabrique de cannes à pêche


 1 fabrique de cadres


 1 fabrique de cartonnages


 4 fabriques de chaussures


 1 fabrique de couleurs


 1 fabrique de boutons


 1 briqueterie


 2 brosseries


 1 imprimerie


 1 mégisserie


 1 fabrique d’uniformes militaires.


 (ne figurent pas dans ces listes les établissements inscrits dans les communes limitrophes)


Les activités dominantes de cette époque tournent autour de la chaussure (essor puis diminution), du tissage (diminution puis disparition) et de la brosserie (naissance puis extension).


*Les cardes servent à carder la laine


Les établissements J-M PAILLARD


 


 



 


 



 


 


 


Pour un nouvel habitant de Mouy, le parc George Sand avec son petit étang, ses arbres, son pont enjambant un ruisseau, la rivière qui sert de limite, est un endroit bien agréable et plein de surprises. Comment peut-on s’imaginer qu’à l’endroit où des enfants roulent aujourd’hui à bicyclette et sur l’emplacement du parking et du nouveau quartier, se dressaient les bâtiments d’une usine dont la production était connue partout en France. Les Etablissements Paillard, puisqu’il s’agit de cette entreprise, sont connus à Mouy depuis 1898, date du début de leur implantation dans la commune.


Première en France jusqu’en 1978, la fabrique de tablettes de couleurs pour l’aquarelle et de lavis a vu le jour à Paris en 1788. Créée par Monsieur P.C. LAMBERTYE*, elle a été reprise en 1822 par Monsieur Panier puis en 1850 par Monsieur J-M PAILLARD.


Quarante cinq ans plus tard, Monsieur Eugène Moreau reprend la société en conservant le nom de J-M PAILLARD et lui donne une rapide extension.


*Lors d’une exposition consacrée à Joséphine de Beauharnais au château de la Malmaison à Rueil, on pouvait voir, dans une vitrine où était exposé le nécessaire de peintre de sa fille Hortense, qu’elle utilisait des couleurs LAMBERTYE.


 



 


1898 Achat d’une usine à Mouy, dans la vallée du Thérain. Elle utilisera pour une partie de ses ateliers l’énergie fournie par une puissante roue hydraulique.


1903 Monsieur Eugène Moreau constitue « La Société Anonyme des anciens établissements PAILLARD ».


1912 Les derniers ateliers de Paris sont transférés dans l’usine de Mouy. De ces ateliers parisiens nous ne savons pas grand-chose, si ce n’est la représentation de l’entreprise sur le nouveau tarif de 1881 (la réalité a été sans doute enjolivée à cette occasion pour mettre en avant les magasins de la Société). Signalons l’existence d’un atelier de fabrication de stylos situé 17 passage St Sébastien qui a joui d’une certaine renommée.


1915 La société J-M PAILLARD employait 82 ouvriers d’après la matrice des patentes (archives de Mouy PP3037).


Dans les pages intérieures du tarif de 1881 sont rappelés les noms des différents chefs d’entreprise qui se sont succédés à la tête de cette vénérable maison.


On y apprend qu’en 1878 la Société a obtenu 6 médailles d’argent et une médaille d’or lors de l’exposition universelle de Paris.


On peut voir également en regardant attentivement le dessin qui sert de marque de fabrique, à gauche un blason qui rappelle les armes de la ville de Paris et à droite un blason qui fait penser aux armes « des laines du bon pasteur » de Balagny.


 



 


 



 


 



 


 



 


►1920


L’extension rapide des activités oblige le déplacement de l’atelier « bois et ébénisterie de bureau », en dehors du site de Mouy. Une seconde usine dans la commune de Bury va se spécialiser dans le travail du bois.


Chez J-M PAILLARD le secteur bois n’est pas une activité secondaire, il est primordial pour l’écoulement de la production de l’usine de Mouy.


L’usine de Bury


Les troncs de peuplier, d’aulne, de hêtre, de platane, arrivent directement des forêts voisines. Le poirier provient des plateaux suisses et le noyer d’Auvergne, les essences rares : ébène, acajou, tulipier viennent d’outremer. Dés leur arrivée ils sont tronçonnés en morceaux de 3 à 4 m puis découpés dans le sens de la longueur en plateaux de 7 à 10 cm dépaisseur pour être mis à sécher pendant 2 à 3 ans suivant les essences.


 



 


 



 


Après séchage, ces plateaux sont « dédoublés » c’est-à-dire découpés en minces planches qui seront utilisées dans la fabrication de deux spécialités :


a) Le dessin :


Planches à dessin - Équerres - Tés - Rapporteurs - Règles Doubles décimètres - Tampons buvard - Porte plumes


b) L’ébénisterie :


Boîtes à fiches - Classeurs - Coffrets - Vitrines d’exposition Palettes - Ébauchoirs - Chevalets*- Mirettes pour modelage


*Une gamme très importante s’étendant du chevalet d’amateur au chevalet de professionnel, était vendue dans plus de cinquante pays dont U.S.A, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, etc...


Tous les articles sont protégés par une laque ou un vernis spécial préparé à l’usine de Mouy ce qui permet d’obtenir des articles de premier choix qui portent la marque J-M PAILLARD.


 Sur une brochure descriptive de l’entreprise, éditée autour des années 1925/30, on relève que l’atelier d’ébénisterie, d’un seul tenant, se compose de deux parties : la partie machine et la partie travail à la main. On nous présente une série de machines de ces années-là : scie, affûteuse, raboteuse, ponceuse, tour à bois, etc...


 


 


1935


Monsieur René Paul Moreau est désigné Président Directeur Général.


1938


Construction d’une nouvelle usine parachimie (On désigne sous cette appellation l’usine de Mouy où sont fabriquées les couleurs).


 



 


L’usine de Mouy


 



 



La fabrication des couleurs Paillard est l’activité la plus ancienne de l’usine. Les articles qui y sont fabriqués sont connus de tous pour leur qualité qu’il s’agisse de l’omnigouache comme de l’encre de Chine Yang-Tsé.


 


 


 


240 personnes travaillent dans ce secteur où sont produits des articles scolaires ou de loisir.*


*En 1964, 420 personnes à Mouy et plus de 20 à Bury


Scolaire :


Beaux-arts :


De bureau :


Gouache au doigt


Gouache liquide


Couleur en poudre


Omnnigouache


Gouache indélébile


Gouache aquarelle en godets et tubes


Couleur à l’huile


Couleur acrylique*


Pastels


Craies d’art


*Tant pour la gouache que pour l’aquarelle


environ 72 nuances de couleur sont présentées dans le catalogue de 1881.


Encre de Chine Yang-Tsé


Colles : Alba Colle pour collage papier, tissu et bois.


Gomme Sénégal, gomme arabique de haute qualité.


Tampons encreurs


L’organisation de cette unité peut se résumer en deux grandes parties :


a) fabrication


Les produits semi liquides : les gouaches, pâtes et huiles (omnigouaches, huiles, encre pour eau-forte, gouache au doigt).


Les produits en poudre : la gouache en poudre, les pastilles (les pastilles étant de la poudre comprimée très fortement).


Les liquides : l’encre violette (celle destinée aux écoles de Mouy était livrée gratuitement en tonnelets), l’encre indélébile de couleur, l’encre de Chine*, la gouache liquide.


Les sociétés J-M PAILLARD avaient également une petite usine à Marseille (La Capellette) qui fabriquait les encres destinées aux clients d’Afrique du nord.


b) conditionnement


Un atelier d’emboutissage pour boîtes en métal permet de fabriquer intégralement les conditionnements métalliques.


*La véritable encre de chine n’existe qu’en noire. Chez J.M Paillard l’encre est obtenue par mixage de noir de carbone, gomme laque et eau. Elle est ensuite chauffée puis refroidie, elle est alors en forme de pâte, - ;.. réchauffée à 160° puis passée à travers des grilles microscopiques.


 


L’atelier le plus important est naturellement celui des tubes de gouache dont J-M PAILLARD s’est fait la spécialité.


L’organisation est telle qu’aucune machine n’est réglée à moins d’une journée de production. La difficulté étant la perte de produit quand on procède au nettoyage de la machine pour changer la couleur de la fabrication. L’entreprise dispose donc de machines pouvant produire pour les plus petites, de 8 à 10 000 tubes/jour, pour les machines intermédiaires de 15 à 20 000 tubes/jour et pour les machines de grosses séries, de 28 à 35 000 tubes/jour.


Ces machines sont servies par une à trois personnes, suivant que les produits sont mis directement en boîte et livrés au stockage " produits finis " ou en palettes intermédiaires pour être destinés à l’atelier de garnissage des boîtes et des coffrets.


++++


 



 


 



 


►1951


Construction d’un grand atelier de broyage de couleur, équipé de machines de nouvelle génération sur un terrain acquis à M. Lanctin quincailler à Mouy.


►1953


J-M Paillard rachète aux Domaines la majorité de la fabrique alsacienne de matériel de classement (FAMAC). Il s’agit essentiellement de la création d’un système de classement très innovant : le "Compactus" dont les éléments sont fabriqués à Chantilly et qui équipèrent de nombreuses sociétés.


►1959


Construction d’un ensemble de bureaux dans l’enceinte de Mouy.


►1967


Construction d’entrepôts de stockage.


►1969


Un incendie détruit en totalité l’usine de Bury (bois).


A l’emplacement même, on reconstruit un atelier de conception moderne qui permet une automatisation partielle de la fabrication.


►1972


Un nouvel incendie détruit l’intégralité des bureaux de Mouy. Le Conseil d’Administration transfère le Siège Social à Paris. Il est décidé d’édifier un immeuble de trois étages, où seront regroupés les services administratifs, l’informatique, le laboratoire (le projet se réalisera en 1973).


Stockage, expédition


C’était là un point faible de l’entreprise. Le nombre de références à gérer est très important et les clients sont extrêmement divers, (grossistes, grands détaillants, petits détaillants, grossistes en articles marginaux...).


Dès 1975, il est décidé d’étudier le problème avec un magasin répondant aux besoins de l’entreprise.


En 1976, sur la commune de Bury, est édifié un magasin de stockage de 2 700m2, totalement automatisé.


Le stockage est effectué sur 9 mètres de hauteur. La totalité des expéditions, métropole et exportation, est effectuée par 16 personnes avec une moyenne de 14 tonnes/jour, pouvant atteindre en période de pointe 22 tonnes/jour, avec un minimum de manipulation.


L’informatique permet un éclatement des commandes et présente ces dernières dans l’ordre des zones de rangement des produits. Cette organisation est très efficace pour les commandes de détaillants où un chariot spécial dit « aide magasinier » évolue entre deux éléments de 40 m de long sur 8 m de hauteur, comportant plus de 2700 cases, servie par 4 préparatrices appelées à effectuer 4 000 prises/jour.


Le siège social


Dans l’enceinte de l’usine de Mouy, le bâtiment construit en 1973 abrite le nouveau siège de la Société. On y trouve les services commerciaux France et Export, comptables, prix de revient et de la Direction Générale qui occupent deux étages de l’immeuble. Deux autres services, le laboratoire et l’informatique occupent une place importante.


Le laboratoire


Son rôle essentiel est d’assurer le contrôle de la qualité. Dans un premier temps à la réception des matières premières. Aucun produit ne peut être accepté sans l’approbation du laboratoire. En cours de fabrication, des prélèvements permettent de rectifier éventuellement un défaut inopiné. Enfin il vérifie le produit fini avant son passage au magasin. Ces différents contrôles sont indispensables pour le bon renom de la marque.


L’informatique


Les documents entre nos mains datent des années 78/79, à l’époque l’informatique se répandait dans les entreprises. A Mouy, J-M PAILLARD avait pris un peu d’avance dans ce secteur.


 


Conclusion


Dés ses débuts, alors qu’elle ne se nommait pas encore Paillard, l’entreprise s’était donnée comme vocation de couvrir tous les besoins de la société pour ce qui concerne l’écriture, la peinture et le dessin. Le matériel de bureau est venu tout naturellement compléter cette vocation. En plus de l’agrafeuse de bureau Swingline fabriquée sous licence en France*. J-M PAILLARD distribue des machines à calculer, depuis la petite machine de poche en passant par la machine de bureau imprimante et la caisse enregistreuse. On y trouve aussi des montres au mécanisme à rubis. Pour vendre une gamme de produits aussi étendue, la société s’appuie en métropole sur 25 représentants exclusifs, qui touchent la clientèle traditionnelle et pour l’exportation qui représente 29 % du chiffre de la Société, sur un réseau de 50 distributeurs exclusifs et 17 représentants. Dans les années 78/84, l’entreprise a voulu se diversifier en rachetant les entreprises de grossistes clients de la marque, cette initiative a accéléré le déclin de la Maison. De tout ce passé, il ne reste rien, quelques morceaux de vieux murs, le tracé du ruisseau alimentant la roue de jadis et le bâtiment construit en 1973 qui, remodelé, abrite de nos jours, des locataires qui n’ont pas tous connus J-M PAILLARD.


En regardant bien dans les vieux tiroirs des personnes âgées vous retrouverez sans doute, une gomme, un crayon de couleur, un double décimètre, marqué J-M P. Il en est sorti des dizaines de mille des établissements PAILLARD.


Pourquoi et comment une telle dégringolade  ? Chacun trouve des raisons mais il ne nous appartient pas de porter ici un jugement sur la Société J-M PAILLARD. Toutefois, dans les années 1960, un directeur (chimiste de son état), homme efficace et clairvoyant, préconisait au P.D.G. de l’époque un rapprochement voir un regroupement avec deux sociétés de même type, les établissement Lefranc et Bourgeois. Le conseil ne fut pas retenu. Depuis ces deux sociétés ont fusionnés et se partagent aujourd’hui une grosse part du marché, faisant leur le slogan de J-M PAILLARD : Tout pour écrire, peindre et dessiner.


*à Montrouge (20% du chiffre d’affaire de l’entreprise). 


Témoignages divers


Lettres de Vincent Van Gogh à son frère Théo


Etten Octobre 1881


... la semaine dernière, l’oncle de Prinsenhage m’a fait cadeau d’une boîte de couleurs assez convenable, en tout cas assez convenable pour un débutant (ce sont des couleurs de Paillard). J’en suis très heureux.


Tout de suite , j’ai essayé une aquarelle...


La Haye Septembre 1882


... Ne verrais-tu pas le moyen d’acheter les couleurs, les panneaux, les pinceaux, etc... au prix de gros ?


As-tu des relations avec Paillard ou un autre fabriquant ? ... Il va de soi que cela nous reviendrait moins cher.


La Haye 1883


... Ici, je dois payer les couleurs au prix de détail. Ne vois-tu pas le moyen d’en acheter à Paris, chez Paillard ou chez n’importe qui, je veux dire chez le fabricant, au prix de gros, à condition d’en prendre une certaine quantité ?


La Haye 1883


... Ne dis plus que je n’ai pas le sens pratique.


Tu sais que je donne des leçons à un géomètre, son père est droguiste, il vend des couleurs, il est dépositaire de Paillard...


Je n’ai jamais été payé... Nous avons trouvé un arrangement... je lui prendrai environ 300 tubes... à un prix inférieur au prix net de Paillard... De plus cette transaction m’assure le droit d’acheter dorénavant tout ce qu’il me faut au prix net de Paillard, autrement dit je réaliserai un bénéfice d’un tiers.


Témoignage écrit de Monsieur Hennegrave qui a passé son enfance à Mouy


Un souvenir d’enfance reste encore gravé dans ma mémoire, une vision qui influencera plus tard ma vocation professionnelle. De la rue, devant la porte de l’usine MOREAU (nous ne disions pas encore J-M Paillard), je pouvais admirer le régulateur de pression de la machine à vapeur qui alimentait l’usine.


Lorsque la vitesse de l’arbre augmentait, les deux boules montaient et s’écartaient pour laisser échapper le surcroît de vapeur, sous l’effet de la force centrifuge.


Mes yeux d’enfant restaient admiratifs devant ce ballet des boules, merveille de la technique. Plus tard j’ai compris le pourquoi et le comment en fréquentant le Conservatoire des Arts et Métiers de Paris. Mais ce spectacle fascinant n’a pas perdu de son attrait dans mes souvenirs d’enfant.


Autre souvenir agréable lié à J-M Paillard, c’est la fierté de recevoir une récompense du doyen Sinot lorsque nous avions bien appris le catéchisme.


En effet, le directeur de l’usine, Mr Dupuis, faisait don au curé de Mouy, des articles fabriqués présentant un petit défaut, donc impropres à la vente. Nous avons ainsi reçu des crayons de couleurs, des règles et autres objets que nous n’aurions jamais achetés, trop chers pour nous pendant la guerre.


Eugène Moreau


 



 


 



 


 



 


Eugène Moreau était président de la coopérative « A chacun sa maison ». C’est surtout pour cela qu’il est resté dans les mémoires.


"Les nouvelles de Mouy" du 19 avril 1924


A chacun sa maison


La société a été créée au printemps 1908. Le bon marché des terrains a permis de doter chaque famille d’un jardin assez étendu pour que ce jardin, outre ses effets moraux et son agrément, produise, par l’abondance de ses fruits et légumes qu’il procure à l’alimentation familiale, une économie supérieure à la dépense nécessitée par l’amortissement du capital employé à l’établissement de l’immeuble. En 1911 le prix d’une maison et du terrain est 4300 fr. C’est une maison de quatre pièces de 11 m2 avec 2,80 m sous plafond. Il y a une cave de 9 m2 et une buanderie de même surface. Des cabinets spéciaux. La superficie du jardin est de 250 m2. L’ensemble est clos de murs et de grilles de fer.


Le remboursement se réalise ainsi : paiement à l’entrée 430 fr ensuite 355,75fr (29,65 fr par mois) par an pendant 20 ans.


En 1914 « A chacun sa maison » a déjà construit 6 maisons boulevard Surville et 4 maisons rue de Heilles.


"Les nouvelles de Mouy" du 22 novembre 1924


A chacun sa maison.


On peut dire maintenant que l’œuvre « A chacun sa maison » est dignement couronné. Toutes les habitations sont louées.


C.A du 16 juin 1926 de la Société Paillard.


Extrait de l’intervention du président E. Moreau


« Les deux efforts dont je suis le plus fier, ce sont les habitations bon marché de Mouy et la Coopération. Œuvres qui, elles, resteront. Ces deux entreprises ont été difficiles à conduire à bien. J’y ai beaucoup travaillé, sans aucun espoir de profit, ni pour moi, ni pour la maison. J’ai voulu, en y travaillant, montrer quel devait être l’esprit de la maison qui devait régner dans la société moderne dans laquelle nous vivons. Les maisons resteront et j’espère qu’à l’avenir les jeunes verront que la coopérative restera et ainsi qu’ils s’en trouveront bien ».


"Journal de Mouy" du 26 Mai 1929


Grave accident à l’usine J-M Paillard : trois ouvriers en sont victime. Le 21mai 1929 à 2h30, un retour de flamme s’est produit dans l’atelier cuisine des établissements Paillard-Moreau à Mouy : deux ouvriers et une ouvrière ont été atteints par les flammes [...] l’accident a été occasionné par l’inflammation de vapeurs d’essence.


Cause inconnue.


"Journal de Mouy" du 8 septembre 1935


Mort de M.E.L Moreau président du C.A de la Société des anciens établissements J.M Paillard.


Nous avons appris avec peine la mort de M.E.L. Moreau, président du conseil d’Administration de la Société des Anciens Établissements Paillard, décédé dans sa 71ème année, muni des sacrements de l’Église en son domicile de Chantilly.


M.E.L. Moreau s’était installé à Mouy vers 1895. Sous son impulsion, la manufacture de couleurs et articles de bureau qu’il administrait ne cessa de se développer et de prospérer. Homme de prodigieuse activité et de grand cœur, M.E.L. Moreau institua dans ses usines « la coopération » c’est-à-dire la participation aux bénéfices de la majeure partie du personnel. Il prit également une grande part à la fondation comme au développement des habitations à bon marché du canton de Mouy.


"Journal de Mouy" du 1er décembre 1935


 


La rue Eugène Moreau.


M. le Maire donne lecture d’une lettre du président de la société " à chacun sa maison " demandant que la rue nouvelle prenne le nom de rue Eugène Moreau en hommage de gratitude à celui qui fit tant pour la classe ouvrière.


 


Photos ci-dessous, le siège social (1ère photo ) de l’entreprise a été réhabilité en logements sociaux et le Parc George Sand aujourd’hui


 



 


 



 


 



 


 



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