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Patrimoine Culturel et Historique du Canton de Mouy
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Les Cassini de Thury
Article mis en ligne le 29 juin 2014

par Mauricette
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Les Cassini de Thury



Le Cadastre - Le Terroir du Canton de Mouy



Famille d’astronomes et de géodésiens français d’origine italienne. Jean-Dominique, dit Cassini 1er (Perinaldo, comté de Nice 1625 - Paris 1712) est le premier ayant vécu en France. Astronome, il vient à Paris à la demande de Colbert, à l’affût d’hommes nouveaux.


Louis XIV crée l’Observatoire de Paris en 1672 et l’en fait directeur. II épousera en 1673 Geneviève Delaître, fille du lieutenant général de Clermont-en-Beauvaisis.


C’est en 1719 que son fils acheta la seigneurie de Thury : Le Château de Fillerval.


Pratiquement, durant 150 ans les Cassini se succéderont à la tête de l’observatoire. Comme beaucoup de notables des 17e et 18e siècles les Cassini trouvent en Thury-sous-Clermont un lieu de vie et d’observation. On doit au premier Cassini les lois de rotation de la lune sur elle-même et la découverte des satellites de la planète Saturne. Il laissa de nombreux mémoires sur Vénus, Mars et Jupiter.


Son fils Jacques dit Cassini II (Paris 1677 - Thury - Beauvais 1756) établit un observatoire dans l’une des tours du Château et y fit un grand nombres d’observations astronomiques soit seul, soit conjointement avec MARALDI son collègue de l’Académie des Sciences ; ils y étudièrent ensemble une éclipse de soleil le 26 Octobre 1753, mais Jacques s’intéresse particulièrement à la représentation de la terre. A sa mort il fut inhumé dans la Chapelle de la Vierge à Thury-sous-Clermont.


César, François, Cassini de Thury dit Cassini III (Thury 1714 - Paris 1784, fils du précédent, contribue avec LA CAILLE à la vérification de la méridienne de la France, qui était l’une des premières tâches pour disposer d’une carte de qualité.


Le méridien de Paris traverse le Canton et sur les pentes du coteau Château-Thierry, il passe à 784 mètres environ à l’Est du clocher de Thury-sous-Clermont. Ensuite par mesures successives utilisant les points hauts comme repères, dérive une triangulation de toute la France ; grâce à elle une carte précise du territoire est possible.


C’est le temps de la guerre de Succession d’Autriche et de la Bataille de Fontenoy, Cassini lève avec quelques ingénieurs géographes, une carte des Flandres (1747) territoire depuis peu français. La célèbre carte dite de Cassini est partie de ce premier travail.


Louis XV satisfait confie le soin d’établir une carte de la France à l’échelle d’une ligne pour 100 toises ; autrement dit 1 cm pour 864 mètres. Grâce à elle ses armées se déplaceront et combattront facilement puisqu’on connaîtra à l’avance et avec précision, les rivières et les routes, les ponts et les bourgs, les châteaux et les forêts dans leur position exacte. Plus tard on nommera ce type de cartes des « Cartes d’État Major ».


L’une des premières cartes réalisées (commencée vers 1750) sera celle du Nord de la région parisienne, là où se trouve Thury mais aussi Beauvais et toutes les communes du futur canton de Mouy, Elle fut publiée en 1756.


II est prévu 181 feuilles pour couvrir la France entière.


Avec son fils, Jean Dominique, Comte de Cassini, dit Cassini IV (Paris 1748 - Thury-sous-Clermont 1845), ils ont la responsabilité et le profit de ce travail cartographique ; il s’agit d’une entreprise privée avec ses ingénieurs levant les angles, repérant les éléments à représenter sur le terrain.


L’enquête de terrain fut souvent délicate ; on voyait d’un mauvais œil ces hommes trop curieux. Pour beaucoup de paysans il s’agissait d’une nouvelle formule pour lever l’impôt.


Pour d’autres ces hommes avec leurs appareils mystérieux ne pouvaient être que des sorciers, des envoûteurs qu’il fallait chasser à coups de pierre, sinon de fusil.


A partir des carnets de notes et de mesures les dessinateurs traçaient la carte. Chaque carte fut gravée sur une plaque de cuivre ; gravure de si belle qualité que l’Institut Géographique National, lointain successeur des Cassini, peut encore aujourd’hui imprimer des cartes réalisées entre 1760 et 1815.


Jean Dominique qui termina la carte commencée par son père fit aussi partie du Conseil Général du Départe-portement de 1800 à 1819. Il présida cinq fois cette Assemblée.


Madame de Cassini, son épouse était décédée le 24 Avril 1791, époque à laquelle la révolution française menaçait ses jours, lui laissant cinq enfants.


Aussitôt rendu à la liberté, Monsieur de Cassini se mit à la recherche de ses enfants qu’il eut la consolation de retrouver. II eut la douleur de perdre trois enfants. Henry l’aîné, le botaniste, deux autres dont les noms nous sont inconnus. Il en restait deux qui ont survécu à leur père : deux filles, l’une d’elles avait épousé Monsieur de Vuillefroy, de Silly ; la dernière Mademoiselle Cécile de Cassini, religieuse du Sacré Cœur est décédée à Orléans à l’âge de 89 ans.


Henri Cassini, son fils aîné né en 1781 fut le cinquième de son nom, membre de l’Académie des Sciences. Ses travaux sur les fleurs composées l’élevèrent au premier rang des botanistes de l’époque.


Henri Cassini avait commencé l’étude de la botanique en herborisant autour de Thury, Il était devenu pair de France et Conseiller du Roi à la Cour de Cassation lorsque le choléra l’enleva le 16 Avril 1832 au pays et à la science.



Concernant le Château de Fillerval, Monsieur de Vuillefroy avait fait exécuter des travaux d’une telle importance, que le Château ne ressemble plus au Château dans lequel vécurent les Cassini.


Extrait de la carte Cassini




Cassini et le Canton de Mouy



L’arrêté du 23 vendémiaire an X(23 Octobre 1801) réduisit à 35 le nombre de Cantons et de justices de paix dans le département de l’Oise. Depuis le 7 Février 1790 il y en avait 76.



Cette mesure administrative jeta la consternation à Liancourt et les villages voisins qui furent réunis au Canton de Clermont.



Comme il avait été question de comprendre dans un seul canton Mouy et Liancourt, Cassini, pour jouer un bon tour à son "très cher voisin le citoyen La Rochefoucauld" prenait en main la défense des intérêts de Mouy et s’adressait en ces termes au préfet : « ... Voici une observation très essentielle qui répond aux grandes réclamations du citoyen de Liancourt, qui a très raison sans doute de prêcher pour son saint, mais qui cependant ne doit pas le faire meilleur qu’il n’est. Je sais qu’il va faisant grand bruit de la manufacture du citoyen Leclerc établie à Liancourt. Or, quand elle serait dans toute sa splendeur, quelle comparaison, y a-t-il à faire vis à vis de 350 à 400 métiers montés à Mouy ?... De plus il est bon que vous sachiez que je tiens de Madame Leclerc elle-même que son mari et son beau-père vont abandonner la manufacture de Liancourt qui déjà n’allait plus depuis plusieurs années. Resteront pour concurrencer avec Mouy les manufactures de sabots... de Liancourt.


Je vous parle en faveur de Mouy non pas parce que je suis de ce canton, mais parce que dans mon âme et conscience je crois que la justice de paix doit à toute sorte de titre être placée dans l’endroit le plus populeux, le plus manufacturier et le mieux placé géographiquement ».



L’arrêté du 3 ventôse an X (22 Février) substitua Liancourt à Mouy comme chef-lieu de canton. C’était pour Cassini une défaite qu’il réussit du moins à réparer : le 26 ventôse an XI (17 Mars 1803), le canton de Bailleul le soc était supprimé et on en formait un nouveau dont le chef-lieu fut fixé à Mouy.



A cette nouvelle, le Maire de Mouy, Carpentier Nicolas écrivait au Préfet de l’Oise que « Mouy - Bury - Angy » forment une masse de 3.800 habitants, renferment une manufacture d’étoffes de laine qui fait battre 400 métiers, expédie par année 1.500 à 1.800 pièces de différentes largeurs, dont une grande partie pour les troupes, et occupe, surtout pendant l’hiver, environ 3.000 individus.



Les mêmes communes placées sur la rivière le Thérain attirent encore un grand nombre de citoyens par l’importance et la multiplicité de leurs moulins dont 15 existent sur un seul point du Thérain tant pour farine que pour moulage de pièces ». Liancourt, au contraire ne présentait « aucun établissement de commerce », et n’était qu’un village, aux rues impraticables « auquel on ne parvient l’hiver que par des chemins difficiles et souvent inondés et éloigné de Mouy de deux grandes heures et demi au moins ».



Archives de l’Oise, M.



Le Canton de Mouy



Il est situé dans le massif de Clermont. Cette région forme globalement un triangle délimité au Nord par le plateau picard, au Sud par la vallée de l’Oise, à l’Est par le Pays de Thelle. Le massif comprend des plateaux qu’on appelait « Montagne » (Voir le cadastre de Thury). Les plateaux sont institués de dépôts sédimentaires d’âge tertiaire reposant sur la craie (sables de Bracheux, argile du sparnacien, sables du Cuisierie et calcaire grossier du Lutitien). Les plateaux s’opposent aux vallées marécageuses et tourbières.



La plus grande dimension du Nord au midi est d’environ 10.000 mètres, de l’Est à l’Ouest 13.500 mètres. La contenance totale comprend 8.280 hectares. pour onze communes.



A Auvillers (commune de Thury) la hauteur au-dessus de la mer est de 144 mètres, tandis qu’à la ferme d’Arcy (commune de Bury) près du Thérain on relève 36 m.



Carte géologique du département




Origine du nom des communes du Canton de Mouy



L’homme a de tout temps, donné des noms aux lieux qu’il habite. Une fois donnés à un endroit ces noms y restèrent fixés et comme enracinés dans le sol.


Dans notre canton ces noms sont d’origine gallo-romaine. Entre le 1er et Vie siècle le Celte et le latin ont été parlés avec une intensité variable dans toutes les classes de la société. Peu à peu tous les gallo-romains étaient devenus bilingues mêlaient constamment les deux idiomes.



Les envahisseurs romains ont activé la mise en valeur du sol qui deviendra systématique avec la création de grandes propriétés qu’il faudra nommer.



C’est le suffixe gaulois - ACOS (latinisé en - ACLIS/ - ACUM > aujourd’hui - y en Picardie) qui tient la plus large place dans les formations toponymiques de cette époque et plus particulièrement du Canton.


Le sens précis de ce suffixe latin ACUM ne nous est pas connu, nous savons seulement qu’il exprimait l’appartenance.



Il a servi à former :



ANGY : du nom d’homme gallo-romain Andius : le domaine d’Andius.



BURY : du nom d’homme gallo-romain Burius : le domaine de Burius.



MOUY : du nom d’homme gallo-romain Modius : le domaine de Modius.



NEUILLY-SOUS-CLERMONT : soit le nom d’homme gallo-romain Novelluis : le domaine de Novelluis, soit un dérivé de l’adjectif novus « nouveau » le domaine aux terres nouvellement défrichées.



THURY-SOUS-CLERMONT : du nom d’homme gallo-romain Tauriacus : le domaine de Tauriacus.



ROUSSELOY : le premier élément donne lieu à une double interprétation :

  • soit l’ancien français ruissel, du bas latin rivuscellus, ruisselus (« ruisseau : ce serait donc « le lieu aux ruisseaux » (Précisons que le village se trouve à l’amont d’un ravin où naît le ru de Flandre).
  • soit l’ancien français ruissel, variante roussel du bas latin ruscellum diminutif de ruscus « houx, ronces, plantes piquantes ; ce serait alors le terroir couverts de « roussels » c’est-à-dire de « broussailles épineuses ».



CAMBRONNE-LES-CLERMONT : Il s’agissait probablement à l’origine d’un domaine gallo-romain, dont le propriétaire fut le nom d’homme Camtarius ou Camurius.



HEILLES : difficile à interpréter. On a pensé à un nom de personne de type germanique Hildigis ou Hecchili (a) sous entendu « terra » qui propose Higlia.



HONDAINVILLE : composé du latin villa précédé du nom de femme de type germanique Hunda : le domaine de Hunda.



SAINT-FÉLIX : La paroisse du lieu est sous le vocable de Saint-Félix. Ce nom de Félix fut très populaire chez les chrétiens : il devait symboliser la joie spirituelle.



Les Origines du Cadastre



Dès l’origine des sociétés, la terre constitue la base essentielle de la richesse individuelle. Pour subvenir à leurs besoins, les collectivités nouvelles créent un prélèvement sur les produits de cette richesse naturelle donnant ainsi naissance à la contribution foncière.



Connaître l’étendue et la nature des biens de chacun, en faire l’évaluation, se révèle très vite nécessaire afin de répartir équitablement cette contribution.



C’est l’origine du cadastre, institution remontant à la plus haute antiquité.



Une tablette d’argile datant de 2300 ans av. J.-C. et donnant le plan coté, la superficie, la description d’un groupe de parcelles, a été retrouvée à Telloh dans le désert d’Arabie.



Les Égyptiens, les Grecs, les Romains connaissent le cadastre (le cens est utilisé pour l’assiette de l’impôt dont les livres de répartition s’appellent capitastra).



Au Moyen Âge, le cadastre a pour objet l’établissement de la taille dans les provinces où celle-ci est réelle.



Des registres descriptifs et évaluatifs de la propriété appelés polyptyques, pouillés, livres terriers... accompagnés parfois de plans de valeur très variable suivant les contrées, constituent une présentation grossière de l’État parcellaire.



Jusqu’à la Révolution de 1789, le cadastre conserve dans notre pays un caractère essentiellement local en dépit de diverses tentatives. Des rois, Charles VII, Louis XIV, Louis XV, envisagent tour à tour le projet d’un cadastre régulier, base d’un système fiscal cohérent et applicable à tout le royaume.



La pénurie des finances, le défaut d’instruments et de méthodes perfectionnées, la résistance des grands vassaux, la disparité des provinces (coutumes, langages, mesures...) font échouer ces tentatives.



Seules certaines provinces vont se doter d’une institution dont les avantages paraissent évidents.



A la veille de la Révolution, l’assiette de l’impôt repose sur le même mode que celui prescrit par le droit romain : déclaration des propriétaires sur la contenance et le revenu de leurs biens, sous la surveillance de commissaires.




Le Cadastre sous la révolution



La Révolution devait faire disparaître l’inégalité devant l’impôt, source principale de mécontentements. Pour cela, il fallait connaître exactement la répartition de la propriété foncière.



Dès l’ouverture des États Généraux de 1789, 73 assemblées électorales de la Noblesse et 58 du Tiers État, réclament l’exécution d’un cadastre général, seul système de mettre fin à l’arbitraire existant.


L’assemblée constituante par la loi du le’ Décembre 1790 supprime les anciens impôts, taille, vingtième, capitation, dîme, et les remplace par une contribution unique. Toutefois, cette loi n’ordonne pas l’établissement des plans.



Les constructions prévoyaient que les commissaires pourraient « s’aider utilement des plans, terriers et autres renseignements qu’ils pourraient se procurer ». Souvent, on ne savait donc rien de très précis sur l’étendue des cultures. Dans ces conditions, on finit par reconnaître la nécessité des plans.



Les décrets des 21 Août et 23 Septembre 1791 autorisent enfin les directoires des départements à prescrire le levé du plan parcellaire des territoires. Cependant l’application, à la charge des communes restera limité.



La loi du 22 brumaire an VI (12 Novembre 1797, complétée par la loi organique du 3 primaire an VII (23 Novembre 1798) crée ladministration des contributions directes chargée d’assurer la juste répartition de l’impôt. Un cadastre parcellaire général n’est pas encore envisagé. Le système est toujours basé sur la déclaration des propriétaires. Pendant dix ans les assemblées révolutionnaires garderont l’illusion chimérique qu’il suffirait de lancer des appels réitérés un civisme !



Un arrêté des consuls du 12 brumaire an XI (3 Novembre 1802) décide un cadastre général par « masses de cultures » dans 1915 communes. Un plan établi à l’échelle de 1/5000’ pré-sente la situation du territoire de ces communes en masses circonscrites par des limites naturelles. Dans chacune de ces masses les propriétaires déclarent la contenance des parcelles possédées.



L’époque Napoléonienne




Au retour de Tilsit, en 1807 Napoléon prit la décision d’en finir avec les demi-mesures. Un effort d’envergure devait lui paraître nécessaire pour mobiliser toutes les ressources matérielles du pays. Effort dont les paysans ne pouvaient être les artisans, mais qu’il fallait imposer d’en haut.



Par la loi du 15 Septembre 1807, le ministre des finances Gandin fait connaître cette ambition mesurer sur une étendue de plus de 8.000... myriamètres plus de 100 millions de parcelles, et confectionner pour chaque commune « un plan où sont rapportées ces parcelles, les classer toutes d’après le degré de fertilité du sol, évaluer le produit imposable de chacune d’elles ; réunir au nom de chaque propriétaire les parcelles éparses qui lui appartenaient ». C’était dit-il « le degré de perfection auquel le cadastre puisse atteindre ». La commission chargée de l’élaboration de ce projet fut présidé par le mathématicien Delambre. Ses propositions furent approuvées dès janvier, et rendues publiques en Avril.



L’exécution ne traîne pas, puisque les opérations commencent dans 3000 communes dès 1808, dans 2000 autres dès 1809. En 1811, un recueil méthodique des lois, décrets et règlements, instructions et décisions sur le cadastre de France, qui ne compte pas moins de 1444 articles, réunissait les expériences des douze inspecteurs généraux du cadastre.



De 1808 à 1814, 9000 communes furent arpentées, soit environ 37 millions de parcelles, « résultat remarquable, si l’on tient compte des faibles ressources du Trésor »...



Le cadastre napoléonien était effectivement pour l’époque, une réalisation extraordinaire tout à fait dans la ligne de la cartographie militaire du XVIIIe siècle alors inégalée dans le monde entier. On avait maintenant pour chaque commune un atlas, avec un tableau d’assemblage, des feuilles de grands formats, représentant à l’échelle 2.500e souvent du 1250ème toutes les parcelles.



Pour les historiens, il est encore aujourd’hui irremplaçable car il localise et délimite une grande partie des lieux-dits, parfois très anciens. C’est aussi précieux que des registres d’État Civil, il y a donc nécessité de les protéger, si possible de les faire remettre en état pour des générations futures.



Après la chute de Napoléon, les opérations ne progressent que lentement à raison de 300 à 400 communes par an, jusqu’en 1821. Mais l’administration se ressaisit, réorganise et accélère les travaux, qui en quinze ans (1826-1840) portèrent sur plus de 20.000 communes avec 73 millions de parcelles c’est-à-dire pratiquement les deux tiers restant. Ils étaient terminés en 1850.



Le cadastre de la commune de Mouy a été remis par M. Le Baron Feutrier, Préfet de l’Oise, à M. Berthault, Maire de la ville en mai 1832.



A Heilles, l’ancien cadastre date de 1831, il a été rénové en 1933 et remanié en 1983.



Le cadastre d’Angy a été terminé sur le terrain le 19 Octobre 1831. II a été révisé en 1933. Le cadastre du remembrement date de 1975.



La rénovation de l’ancien cadastre



Il apparut vite que le cadastre de Napoléon, s’il était une œuvre magnifique était malheureusement entaché d’une tare fondamentale. L’immuabilité du plan.



Le plan n’était pas tenu à jour, seules les matrices cadastrales, c’est-à-dire les relevés des parcelles par propriétaires étaient annotées chaque année des mutations affectant la propriété foncière.



Sous la monarchie de Juillet, les projets de rénovation du cadastre furent souvent évoqués.



On ne décidera que le 16 Avril 1930 la rénovation générale du cadastre ainsi que le principe d’une conservation annuelle des plans cadastraux rénovés.




Les Missions du Cadastre




Le cadastre pouvant être regardé comme l’état civil de la propriété bâtie et non bâtie à d’une part une mission fiscale.



Le Service du cadastre évalue tous les biens fermiers et immobiliers afin de fixer leur valeur locative cadastrale qui sert à calculer les impôts directs locaux : taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties et pour partie seulement taxe d’habitation, taxe professionnelle ; d’autre part une mission foncière qui consiste à identifier, décrire les propriétés et rechercher leurs propriétaires. Il convient d’ajouter : une mission technique. Établissement et mise à jour du plan cadastral support direct et indispensable à l’identification et à la description physique de ces mêmes propriétés.



Une fonction économique, statistique, documentaire avec la gestion informatisée de la documentation cadastrale.



Enfin, le cadastre procède en permanence au recensement des changements qui affectent les bases d’imposition (constructions nouvelles, additions de constructions, démolitions, changements de nature de culture etc...).



La documentation cadastrale


Elle comprend pour chaque commune :

  • LE PLAN CADASTRAL


Sous forme cartographique figurent les parcelles qui représentent les propriétés avec le n° de la parcelle, l’emprise au sol des bâtiments, les noms des rues, des chemins, des rivières et des lieux-dits.


Les feuilles parcellaires ont des échelles allant de 1/500 (5 m sur le terrain : 1 cm sur le plan) pour les parties urbaines les plus denses, à 1/5000 pour les zones ne comprenant que des parcelles de très grande étendue.

  • LA MATRICE CADASTRALE


Elle recense pour chaque propriétaire, l’ensemble des biens qu’il possède dans la commune avec leur consistance, leur évaluation et la valeur locative, servant à calculer la taxe foncière.


Depuis 1981 les mairies disposent d’une matrice cadastrale qui se présente sous forme de micros-fiche dites R.P. (Relevé de Propriété) dont chaque vue comporte la désignation du propriétaire et diverses informations S’y ajoute la fiche TN : Table des Numéros de propriétaires et la fiche TA : Table Alphabétique des propriétaires.



LES ÉTATS DE SECTION :



Chaque commune à son territoire découpé en sections et chaque section à une feuille du plan cadastral. On recueille tous les renseignements sur chaque parcelle tels que son identifiant (lettre de section et n° du plan), sa contenance cadastrale, le n° communal du propriétaire.



Depuis 1981 les communes ayant opté pour une documentation cadastrale miniaturisée sont dotées d’une table parcellaire sur microfiche dite TP donnant pour chaque parcelle le n° de la microfiche R.P. et les coordonnées de la vue où cette parcelle est décrite dans la matrice cadastrale.


L’utilisation des microfiches se fait sur un appareil de lecture installé dans chaque Mairie, et il agrandit une vue de la microfiche afin de la rendre visible à l’œil ou sur un écran.



Lieux-dits cadastraux du Canton de Mouy 



Quoi de plus précieux, de plus intéressant, e plus touchant que plus de 1000 noms de lieudits dans notre Canton.



Ils reflètent peut-être la première impression que notre patrie où nous vivons et que nous aimons à faite sur les yeux et l’âme des hommes qui ont habités les onze communes du Canton et qui s’y sont endormis avant nous leurs descendants.



Cet immense vocabulaire n’est pas l’œuvre de quelques hommes. Il s’est formé à la longue et comme au hasard des circonstances. Il a pour auteur tous les peuples, qui sont venus s’établir dans notre pays dont le mélange à produit la nation française. La plupart des lieux-dits ne sont pas antérieurs au XVème siècle.


En rappelant le travail quotidien et combien pénible de nos ancêtres, en signalant les difficultés que la nature où les hommes dressaient devant eux, en évoquant en un mot, la vie matérielle et aussi spirituelle de nos paysans, les lieux-dits s’imprègnent d’une sorte de passé qui est celle des humbles et par là ils touchent à la fois notre esprit et notre sensibilité.


Valeur de l’ancien cadastre



L’ancien cadastre a rendu de très appréciables services dans le domaine du droit privé en réglant discrètement bien des conflits. D’autre part il a été à la base de transactions immobilières où l’on peut affirmer qu’en fournissant aux intéressés les surfaces parcellaires calculées avec une suffisante approximation il a atténué ce mal maintes fois signalé : l’exagération des contenances dans les actes.


Les paysans et les propriétaires forestiers ont utilisé le cadastre pour défendre leurs biens en faisant appel à l’arpenteur pour borner. Ceci explique que les vieux cadastres sont si sales. Ils ont trop souvent mis leurs doigts sur l’espace représentant sur la carte leur propriété.



Avant le cadastre la connaissance du monde rural, reste nécessairement fragmentaire.



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Bibliographie Sommaire



GRAVES : Précis statistique sur le canton de Mouy 1835



A.J. WARMÉ : Les Environs de Mouy et Histoire de Mouy 1873



R. HERBIN



A. PEBEREAU : Le Cadastre Français 1953



C. FAUQUEUX : La Géographie de l’Oise 1954



E. LAMBERT : Toponymie du Département de l’Oise 1963



G. DUBY



A. WALLON : Histoire de la France Rurale Tome III 1976



M. ROBLIN : Le terroir de l’Oise aux époques gallo-romaine et franque 1978



Direction Générale des Impôts : Le Cadastre Français, La Documentation Cadastrale miniaturisée destinée aux Mairies 1985



M. LE CLERE : L’Oise de la Préhistoire à nos jours 1990



M. LEBEGUE Les noms des communes du Département de l’Oise 1994



Le Technicien-géomètre du Cadastre



Parmi les diverses catégories de personnel des services extérieurs de la Direction Générale des Impôts, le Technicien-géomètre du Cadastre joue un rôle important.



Les Techniciens-géomètres du Cadastre sont recrutés principalement par la voie de concours annuels.



Les personnes qui seraient intéressées par cette profession peuvent se renseigner à l’Hôtel des Impôts, rue des Sables à Clermont ( 60600).




Le plus beau pays du Monde
C’est la terre où je naquis ;
Au printemps la rose abonde
Aux abords de ses courtils.
D’elle émane dans la brise
Un arôme sans pareil ;
Au clocher de ses églises
Le coq guette le soleil.
On y parle un doux langage
Le plus beau qu’on ait formé ;
L’étranger devient plus sage,
Quand il se met à l’aimer.
Heureux qui reçut la chance
De l’ouïr dès son berceau ;
Car la langue de la France
Est un chant toujours nouveau.
Parfums de fleurs, chant de cloches,
Bruits d’eaux vives, sans frissons
Des tiges qui se rapprochent,
Quand mûrissent les moissons.
Étoiles dans un ciel tendre
Sourires d’aube en éveil ;
Ah ! mon pays j’aime entendre
Ta chanson dans le soleil.



Philéas Lebesgue 1926


 

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