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Patrimoine Culturel et Historique du Canton de Mouy
Histoire de notre Canton
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L’eau dans le Canton
Article mis en ligne le 28 juin 2014

par Mauricette
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Au Fil de L’eau 


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JPEGÉtang de Saint-Félix Oise - ( Hiver et Été )


Dans les villes, les besoins sont considérables et leur développement est lié au système d’amenée et d’évacuation des eaux.
Aux Indes, il y a 5000 ans déjà, une ville disposait d’adduction d’eau.


En Syrie au IIIe millénaire avant Jésus-Christ la ville de Mari avait l’eau courante et le tout à l’égout.


Plus près de nous les Romains étaient réputés pour leurs grandes réalisations dans ce domaine et nous pouvons encore admirer "Le Pont du Gard" reste d’un aqueduc destiné à l’alimentation de Nîmes.


Du temps des Gaulois, les immenses forêts qui couvraient le sol en conservant l’eau du ciel donnaient à notre pays une nappe phréatique qui semblait inépuisable.
Au cœur du Massif Central le plus important gisement d’eau minérale du monde, l’Auvergne dispose d’un parc de sources aussi diverses que prestigieuses.


L’alimentation en eau a été très longtemps une hantise. Tout au long du XIXe siècle, comme dans les siècles antérieurs les habitants ont économisé l’eau.


Le canton de Mouy appartenant presque tout entier au Bassin du Thérain, Hermant, auteur d’une histoire manuscrite du Beauvaisis rédigée sous le règne de Louis XIV, rapporte que Mouy n’était autrefois qu’un petit village, mais que la commodité des eaux avantageuses au lavage des laines, auquel les habitants se sont appliqués pour façonner des serges, en a fait un bourg fort peuplé.


Notre rivière : Le Thérain


Elle prend sa source à Saint Pierre les Nonnettes, au Nord Ouest de Grumesnil (Seine Maritime) à une altitude de 185 mètres ; après un parcours de 3 kilomètres, elle pénètre dans notre département sur le territoire de la commune de Canny sur Thérain. Elle arrose notamment Songeons, Milly sur Thérain, Beauvais, Rochy Condé, Hermes, Heilles, SaintFélix, Hondainville, Mouy, Bury, Balagny sur Thérain, Cires les Mello, Montataire et se jette dans l’Oise sur le territoire de Saint Leu d’Esserent. Longueur de son parcours ; 90 kilomètres. Le Therinet est un affluent de sa rive gauche de 20 km. L’avelon est un affluent de sa rive droite de 22 km.


Entre sa source au sommet du château d’eau de Bray et son confluent avec l’Oise, la vallée du Thérain constitue bien plus que celle de l’Oise, l’épine dorsale du territoire Bellovaque.


L’attirance des populations antiques et médiévales pour les vallées au détriment des plateaux est nettement affirmée dans le terroir du Beauvaisis et il est difficile d’y voir autre chose que le besoin en eau.
Le thérain fut utilisé par la navigation à l’époque romaine jusqu’à l’établissement des moulins à grains sur ses bords au cours du haut Moyen Age. 


L’hydrographie du Canton de Mouy selon Graves en 1835



La petite rivière de Thérain ( Thara ), courant du Nord Ouest au Sud Est, pénètre par la limite occidentale, au lieu dit le moulin de l’Isle, où son lit a été élargi pour l’usage de diverses usines. Elle coule entre les territoires de Heilles et de Saint Félix, de Hondainville et de Mouy, de Mouy et de Bury,, après avoir quitté Mouy, elle forme la limite méridionale du canton, vers l’arrondissement de Senlis. On remarque au midi du moulin de Saint Félix une anastomose sinueuse et circulaire qui a quatre cents mètres environ de diamètre. Plusieurs canaux ou dérivés ont été ouverts sur la berge droite à Mouy, en premier lieu pour la défense de l’ancien château, et ensuite pour le service des manufactures. Un canal, nommé le Fossé Lévêque, ayant plus de deux mille mètres de longueur, a été pratiqué sur la rive gauche entre les marais et le bourg de Bury. Le Thérain atteint la limite du canton au point de jonction des communes de Cires les Mello et de Mello, arrondissement de Senlis.
La largeur de cette rivière varie entre dix et quinze mètres ; elle est de quarante cinq à Mouy même, mais cette dimension a été déterminée par des ouvrages d’art.
Son cours, retardé par de nombreuses circonvolutions, est assez lent, et sa longueur totale forme une ligne d’environ quatorze mille trois cent vingt cinq mètres ; mesurée à vol d’oiseau, elle n’est plus que de dix mille sept cent cinquante mètres.
Le Thérain a trois affluents sur sa rive droite.
Un ruisseau, sortant des étangs de Mouchy le Châtel, traverse le village d’Heilles et rejoint la rivière près du Moulin de l’Isle.
Le ru de Marolles prenant naissance à Bruiles, passe à Saint Jean des Viviers, pour se réunir dans les prairies de Mouy au Fossé d’Arêt, celui ci est un ruisseau dont le cours a été rectifié de main d’homme et qui s’écoule dans le même sens que la rivière jusqu’au près de Mouy ; des canaux d’égout en assez gond nombre s’ouvrent dans le Fossé d’Arêt.
Un petit filet d’eau qui descend du vallon de Janville, passe à l’extrémité de la rue Fourneaux de Mouy, d’où il se dirige vers le Thérain.



Les affluents sont plus nombreux sur la rive gauche ; on y trouve :



1 °) Le ruisseau de But, sur la limite occidentale de Saint Félix, il a sa source dans le canton de Noailles.

2°) Le ru de la Maladrerie, naissant dans les bois près de la forêt de Hez, passant à l’ouest de Saint Félix, pour se réunir au Thérain, au lieu dit la Fosse à Carpe.

3°) Un petit filet d’eau qui sort du marais de Bray, au sud est de Saint Félix, et qui coule vers le ruisseau de Lombardie.

4°) Le ru de Fontenil naissant aussi dans les marais de Saint Félix, il rejoint le Thérain au dessous du moulin.

5°) Le ruisseau de Lombardie, prenant naissance dans le vallon de Thury sous Clermont, et recevant au-dessous du château, le ruisseau des Taillis qui vient de la fontaine Bergère à l’est de Filerval ; il descend ensuite vers la vallée du Thérain, en passant près de Butteaux puis dans les fossés de l’ancien château d’Hondainville ; son cours est à peu près d’une lieue.

6°) Le ru d’Ansacq ou de Mérard ; il naît de deux sources, l’une placée au marais du Val, entre Ansacq et le Plessier Billebaut, dans le vallon nommé le Foulandre ; l’autre, située à la Fontaine Loget, au dessous de Brivois, dans le vallon de Valicourt ; ce dernier filet d’eau, qu’on appelle ru de Brivois, se réunit à l’autre entre Mérard et Boisicourt après avoir traversé Moineau, le ru d’Ansacq se perd dans le Thérain. Sa longueur totale dépasse une lieue.

7°) Le ru du Val, prenant naissance au lieu dit le fond du Val ; il traverse la principale rue de Bury et se jette dans le Fossé Lévêque.

8°) Un petit ruisseau, coulant de la Fontaine Saint Fiacre, située à Bury dans la rue des Prêtres, et se réunissant aussi au Fossé Lévêque.

9°) Un autre filet venant de la fontaine de l’Orme, au carrefour de la rue du Prince dans Bury même, se réunissant comme les précédents au Fossé Lévéque.

10°) Le ruisseau de la Cavée des Vaches, passant à Dury Saint Claude, où il alimente un abreuvoir ; ses eaux sont détournées par un aqueduc vers une propriété particulière.

11 °) Le ruisseau de la Fontaine Bosat qui rejoint le précédent,

12°) Le ruisseau de Dury, qui a sa source dans le Val du haut, d’où il s’écoule vers le Thérain ; considérable il y a cent ans, il est maintenant très faible,


13°) Le ruisseau de Flandre, dans le vallon de ce nom, ayant une source à Rousseloy, et une autre au lieu dit le fond des Patis ; il rejoint la rivière du Thérain, hors des limites du canton.


Tous ces ruisseaux viennent au jour dans les sables inférieurs du calcaire grossier : la quantité de leurs eaux est extrêmement variable ; plusieurs tarissent en été.


Les pentes formant la partie la plus orientale du canton, se rattachent au bassin de la petite rivière de Brèche qui est, comme le Thérain, un des affluents de l’Oise. La Brèche elle-même n’entre point dans le canton de Mouy, mais deux petits cours d’eau prenant naissance dans les sables du calcaire grossier, s’écoulent à l’est vers le lit de cette rivière.
L’un est le ruisseau de la Fontaine Titancourt, qui traverse le village de Neuilly sous Clermont.
Le second sort de la Fontaine de Cambronne, et passe à Vaux, d’où il se dirige vers les prairies marécageuses de la vallée de Brèche.
La pente générale de la vallée du Thérain, depuis Saint Félix jusqu’à la limite du canton de Creil, est de quatre mètres. 


L’Eau qui travaille : Les Moulins


JPEGMoulin de Mouy


La vallée du Thérain où se localise la force hydraulique attirera moulins et usines.
La valeur de la rivière du Thérain comme productrice de houille verte repose avant tout sur la constance de son débit, mais cette qualité ne rachète ni la modestie de son volume, ni la faiblesse de sa pente. Le Thérain qui draine une étendue de 125.000 hectares a un débit de 4.800 litres par seconde.
L’absence de grand relief favorise la douceur de sa pente 1 m 72 par kilomètre. Grâce à sa facilité et à son égalité d’humeur on peut utiliser l’eau du Thérain à peu de frais. L’homme s’établit sur la rivière même, il construit un simple barrage pour ménager une chute d’eau. Rien à craindre des crues, la manœuvre des vannes suffit à faire écouler les eaux. De là une petite force motrice à la portée des petits capitaux.
Au cours des guerres les moulin à eau avaient un rôle stratégique. L’ennemi cherchait à les détruire pour affamer les populations.
Le moulin est bâti avec les mêmes matériaux que ceux de la ferme. Généralement les aubes sont protégées des intempéries par un auvent de planches. Deux sortes de roues coexistent. Les roues par en dessous avec pales, utilisent la poussée de
l’eau. Quant aux roues à auget l’eau qui y tombe actionne directement la meule tournante. Une vanne règle le mouvement. Des engrenages multiplient la vitesse.


En 1777 un plan indique 7 chutes d’eau (cercles) qui étaient la propriété des anciens seigneurs de Mouy qui s’en servaient comme moulins à farine.


Nous en avons eu confirmation le 3 Janvier 1793.


La dame Marie Geneviève Mercier, veuve Horoy, meunière à Mouy, a déclaré que par acte passé devant Maître BRO notaire à Paris, le 20 Juillet 1777, Monseigneur Joseph François Bourbon Conti lui a donné à titre de bail à Cens les Moulins de Mouy, moyennant une rente annuelle et perpétuelle, exempte de retenue de cinq mille livres, deux septiers de blé et six chapons.


La dame Horoy, fut reconnue propriétaire, et ces moulins à farine devinrent bientôt des filatures à laine agissant par le procédé de l’immortel Jacquard.
La demande croissante de force motrice fera naître des litiges, des usiniers rehaussant le déversoir pour gagner de la force.


Le régime des eaux de la rivière le Thérain dans la retenue qui met en mouvement les usines de Mouy a été réglé par une ordonnance royale du 25 Février 1835. Les litiges subsisteront jusqu’à nos jours entre les riverains en amont et les usiniers. 
 


JPEGEn 1830, neuf moulins à grains convertissent du grain en farine :
1°) Le moulin de l’Isle à Heilles
2°) Le moulin de Saint Félix
3°) Le moulin d’Hondainville
4°) Le moulin de Mouy
5°) Deux moulins à Bury dont un sur le Fossé Lévèque
6°) Deux moulins à Thury sur le ruisseau de Lombardie
7°) Un moulin à Neuilly sous Clermont sur le ruisseau de la Fontaine Titancourt.


 


L’eau qui transporte.

A partir de 1604 Henri IV voulait faire creuser un canal de navigation de Dieppe à Paris, Le projet fut repris en 1778, 1791, 1802.

Le tracé déterminé en 1791 soulèvera quelques objections de la commune de Mouy, désireuse de la réalisation du plan, mais toutefois avec une légère modification.

L’an mil sept cent quatre vingt douze, le 10 Mai en l’Assemblée de la Municipalité de Mouy, tenue extraordinairement, considérant les avantages que ce canal ne peut manquer de produire tant à Mouy qu’aux lieux circonvoisins, tels notamment pour Mouy, que l’exportation plus prompte et plus facile des serges et autres marchandises de ce genre qui se fabriquent en très grande quantité à Mouy ; l’importation plus facile des matières indépendamment des avantages qui résulteraient pour les branches de commerce et des établissements qui pourraient en être la suite pour les lieux circonvoisins : l’exportation des bois de la forêt de Hez, les pierres de Mérard et Rousseloy, etc .

Considérant encore que l’ouverture de ce canal procurera des moyens de subsistance à une infinité de malheureux que la stagnation du commerce laisse sans ouvrage.

A arrêté qu’elle se joint aux communautés circonvoisines pour témoigner le désir qu’elle a de voir bientôt ce canal et qu’elle y contribuera avec tout le désintéressement possible en ce qui pourrait la concerner.

Observe que pour une infinité de raisons, il serait préjudiciable à la paroisse de Mouy qu’il passât dans l’intérieur du pays et qu’il serait au contraire plus convenable sous tous les rapports qu’il soit pratiqué dans la prairie entre Mouy et Angy.

Déclarant au surplus, qu’elle ne peut consentir et s’oppose même, à ce que ce canal soit placé dans l’intérieur de Mouy tel qu’il parait que le projet a été conçu.

Fait et arrêté en la dite assemblée le dit jour et an.
Signés par : Racine - Poilleux - Charles Horoy - Claude Pasque - Louis Parmentier - Joseph Crouzet - Maupin Abadie - Robert Dupuis - Louis Prince - Lucien Briquet - Chailly - Saint-Omer - Parmentier.


Enfin en 1825 le projet semblait devoir aboutir et le canal avait déjà reçu le nom de Charles X.


L’ eau que boivent les hommes 


JPEGCe sont les eaux pluviales qui engendrent les sources dont le nombre et l’importance varient selon que les terrains sont perméables ou non. Il en résulte que là ou les eaux de pluie pénètrent profondément dans le sol les cours d’eau sont rares et les puits profonds.


La rivière, la source (ou fontaine) le puits sont les approvisionneurs de l’eau à boire. On sait peu de chose du geste quotidien de la quête de l’eau.
Seuls les puits retinrent l’attention à cause de leur coût.

 


JPEGLes puits creusés engageant des dépenses, ils sont le plus souvent la propriété de plusieurs. Partout on les protège, en les couvrant d’un toit de pierre ou de chaume.


 


Avec l’orthographe du moment, nous avons retrouvé une demande pour réaliser un puits en l’an 7 de la République (1799).


Aux citoyens composants l’administration municipale
Citoyens,
Eloi Beranger, Cordonnier, Louis Monborgne, taillandier, Georges Leroy, Charpentier et Noël Vaudree,


Charon, tous quatre domiciliés de la commune de Mouy en la rue pavée d’en haut ; vous représentent que aucun d’eux n’ayant de puits dans sa maison, ils éprouvent une difficulté aussi gênante que fatigante pour se procurer l’eau qui leur est nécessaire puisqu’ils sont obligés d’aller à la rivière qui est fort éloignée de leurs domiciles.
C’est pour remédier à cette difficulté et pénible inconvénient qu’ils sont convenus entre eux de faire percer et construire à leurs frais communs un puits et sa charge d’entretien, sur la gauche de l’entrée de la rue dite des Caves à la distance voulue par les coutumes et lois du mur de la maison appartenante actuellement aux héritiers de faire la veuve DERVILLER s’il plaisait à l’administration de leur en accorder la permission.
Outre que cet emplacement peut comporter cette construction sans nuire au passage des gens de pied, ni des voitures, c’est que ce puits ainsi placé procurera le double avantage d’un prompt secours dans les cas d’incendie dans ce quartier et afin de prévenir tous accidents tant de jours que de nuits, les soussignés s’engagent de le faire couvrir et fermer d’une porte.
Sous ces considérations, ils vous prient citoyens de leur accorder la permission de faire percer et construire le puits dont il s’agit aux charges , conditions et obligations ci dessus exprimées.
Comme aussi de leur fixer la place et l’étendue qu’il plaise à l’administration qui lui soit donnée invariablement.


L’autorisation fut accordée pour un puits de trente pouces de diamètre non compris les murs qui auront 18 à 20 pouces d’épaisseur. (1 pouce = 27, 07 mm).
Il y a des fontaines dans la plupart des vallées ; l’une des plus remarquables par la "bonté" de ses eaux, est la fontaine du Tilleul à Ansacq ; il en existe plusieurs autres entre Thury et Saint Félix à Angy, dans les marais de Heilles et dans le vallon de Rousseloy. Il n’y en a point dont les eaux soient minérales.


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Les fontaines filtrantes en grès du Beauvaisis


JPEGC’est surtout à Savignies (Oise) qu’on avait la spécialité de fabriquer des fontaines à usage domestique ; elles étaient destinées à faire de l’eau potable, et étaient dites "sablées". C’est à dire qu’elles filtraient les impuretés grâce à plusieurs couches de sable dont les grains étaient de taille variable.
Par la suite en 1821, un potier de Savignies dénommé MARECHAL déposa un brevet d’invention pour une nouvelle fontaine épuratoire. L’amélioration consistait à ajouter une paroi poreuse doublée d’une couche de charbon de bois pilé très fin, substance bien connue pour ses propriétés absorbantes et désinfectantes.
L’eau limpide n’avait plus de mauvaises odeurs.


 


 

++++


L’eau qui désaltère les animaux

  • Les Abreuvoirs


En 1873 Mouy en a cinq. Le plus important fonctionnera jusqu’en 1848, car jusqu’alors le pont qui permet de traverser le terrain est étroit, et c’est quand on décidera de l’élargir que l’abreuvoir sera supprimé.

Il sera remplacé par un abreuvoir qui lui aussi prend son eau dans la rivière. Il suffit d’emprunter le passager Saint Léger le long de l’Église.

Ces abreuvoirs qui sont au centre ville sont très utilisés car les auberges sont peu éloignées.

Sur le plateau dans le village de Cambronne, il y a une entrée libre d’un abreuvoir à tout usage et particulièrement pour les chevaux. Il est entouré de murs en pierre. C’est en fait une mare que l’on creuse dans un endroit où les eaux pluviales peuvent se réunir. Quand le fond n’est pas argileux, il reste perméable quelques temps, puis il se colmate de vases, il faut alors se garder de le curer.

  • Les citernes

Dès que les tuiles et les ardoises ont remplacé le chaume, les bâtiments se sont équipés de gouttières pour que l’eau de pluie remplissent des citernes. Cette eau va servir à l’abreuvement des animaux, à la lessive, aux besoins du ménage. S’il y avait lavoir, on continuait à l’utiliser pour le rinçage.


Tableau des maisons couvertes


 COMMUNES 

1831 : Maisons couvertes en
 Ardoises   Tuiles 


 Tuiles


et Chaume 

 Chaume   TOTAL 
 Angy


 1

 39  36


 123


 199

 Ansacq


 *

 10  12


 65


 87

 Bury


 2

126  33


 237


 398

 Cambronne


 *

 15  24


 125


 164

 Heilles


 *

49 20


68


 137

 Hondainville


 1

15 13


40


 69

 Mouy


 13

340  53


 295


 701

 Neuilly


 4

 39  14


 82


 139

 Rousseloy


 *

 7  6


 35


 48

 Saint-Félix


 1

 12  16


 55


 84

 Thury


 1

 24  17


 56


 98

 


 23

676 244


1181


 2124


Quand la vallée n’est pas tourbeuse et que les eaux s’y coulent régulièrement graines fourragères s’y développent et les prés deviennent bons. On voit alors tous ces fonds humides se couvrir de haies entourant des prairies. Quand le sol est trop riche en acides organiques la qualité des prairies reste médiocre.

On ne connaît pas d’étang naturel dans l’étendue du pays. Les canaux et pièces d’eau, qu’on voit à Morinval, Mérard, Filerval, Fay sous Bois, Hondainville, ont été creusés de main d’homme, les uns comme ornements ou viviers, les autres pour la défense d’anciennes forteresses.

La vallée du Thérain est exposée à des inondations par le débordement de la rivière, et à la stagnation des eaux provenant du défaut de mesures convenables prises pour faciliter leur écoulement. Les autres parties du pays sont préservées de ces inconvénients par la nature perméable et l’inclinaison des sols.

Ces étangs sont de tout temps fréquentés par toute une faune aquatique. La loutre, le rat d’eau, les anguilles, les barbeaux, les brochets, les meuniers, les goujons et quelques carpes. Au début du siècle dans les ruisseaux de Flandre, de Mérard et de Lombardie on y péchait des écrevisses et des sangsues.

Maintenant que la Vallée du Thérain est aussi plantée de peupliers, elle devient un terrain de prédilection pour le chevreuil, le sanglier, la bécasse, le canard, le pigeon ramier, pour le grand plaisir des chasseurs qui commencent à mettre en pratique des plans de gestion, aux résultats prometteurs.


Un vivier est une pièce d’eau dans laquelle on conserve du poisson vivant, et c’est les moines qui en consommaient beaucoup qui sont très compétents. Saint Jean du Vivier qui dépendait de l’Abbaye de Saint Germer avait son vivier alimenté par le petit ruisseau qui sépare aujourd’hui le territoire de Mouy et celui de Mouchy la Ville commune de Heilles.


Cresson et cressonnières



En 1948, la cressonnière de Coincourt (hameau de Mouy) qui existait déjà au lendemain de la guerre 14-18, cessait de produire. Elle était exploitée par un maraîcher associé à un cressonnier. Si les fossés étaient réservés au cresson l’espace qui les séparait était utilisé pour des cultures légumières.

Une eau pure, abondante et courante est nécessaire à la culture du cresson. La cressonnière de Coincourt était située en bordure du marais là où on avait pu obtenir de l’eau par artésianisme.

Le semis se fait à partir de juin quand il n’y a plus de risque de floraison, celle ci ayant lieu en mai. L’ensemencement se fait à même le sol. Il faut donc isoler les fossés pour les mettre "à sec". Les graines étant minuscules il est nécessaire de les mélanger à du sable pour voir les endroits ensemencés. Le semis s’effectue le matin de très bonne heure, par temps calme et sans risque de pluie, par un mouvement du poignet qui permet de lancer et de répartir les graines convenablement sur le fond du fossé. (le "coup de main" vient avec les années). Une dizaine de jours plus tard, lorsque le plant est levé, on introduit l’eau doucement dans le fossé en augmentant au fil des jours le niveau, au fur et à mesure de la pousse.

Lorsque les plants ont 30 cm il faut les démarier et les repiquer dans les fossés qui ne peuvent être suffisamment asséchés pour être ensemencés.

Un fossé est conservé tel quel pour une récolte de graines. Celle-ci se fait le matin "à la fraîche" pour éviter une trop grosse perte. Quand les cosses deviennent jaune- orange les brins de cresson, coupés délicatement au couteau, sont mis à sécher sur des toiles puis la graine est récupérée pour l’année suivante.


La cueillette commence deux mois après le semis. Le cressonnier muni de genouillères glisse sur une planche posée en travers du fossé. En se penchant il coupe au couteau les poignées de cresson pour en faire des bottes. Il les attache avec un lien qu’il tire d’une réserve attachée à sa genouillère droite. En été, une coupe avait lieu tous les 15 jours. Une autre façon de faire aurait pu être employée, celle de "la coupe à net". Cette technique consiste à couper tout le haut de la plante, le cressonnier botté étant dans le fossé mais il aurait fallu attendre 6 à 7 semaines pour une nouvelle récolte.

La production d’un cressonnier était de 6 douzaines de bottes par heure durant la pleine saison.

La posture dans le travail, les mains dans l’eau rendaient la besogne pénible.
Les bottes de cresson mises au frais et à l’ombre étaient ensuite regroupées dans de grands paniers en osier pour être vendues aux Halles de Paris. Chaque panier contenait 18 douzaines de bottes (environ 120 kg), empilées en cercle, les feuilles tournées vers le centre et formant une ouverture centrale évitant l’échauffement et permettant au grossiste acheteur d’apprécier la qualité de la marchandise.


Pour avoir une production abondante et régulière, il fallait véritablement cultiver le cresson. Après chaque coupe un engrais venait stimuler les racines, le cressonnier devait alors avec une schuèle (1) fouler le cresson dans le sens du courant pour le laver et empêcher les brûlures par l’engrais.

On utilisait surtout le fumier de vache et principalement en hiver pour enrober les racines du cresson. De même il fallait se débarrasser des lentilles d’eau (petite plante qui couvre la surface de l’eau) ou des altises (insecte qui vient pondre sur les feuilles de cresson), ramener les impuretés sur les bords, faucher l’herbe au dessus et au long des berges.

L’hiver pour éviter le gel, il fallait exécuter le "rentassage" avec "une poque". L’opération consistait à ramener les feuilles de cresson au niveau de l’eau pour donner moins de prise au gel. De nos jours les cressonniers utilisent des films plastiques déroulés au-dessus des fossés.

C’est au printemps que les cressonnières sont les plus jolies à voir, avec toute cette verdure semée de pâquerettes, cela grâce à l’eau et au travail des hommes.


L’eau qui guérit : sources et fontaines

Le culte rendu aux rivières ou ruisseaux, et spécialement aux sources, n’était pas moins général dans les Gaules que la croyance superstitieuse attachée aux arbres et aux forêts. Cette sorte d’adoration doit avoir eu pour cause principale les propriétés thérapeutiques dont jouissent, dans des conditions diverses, la plupart des eaux sortant de terre, et l’on sait que de nos jours encore (1839) les peuplades nomades ou sauvages attribuent une force surnaturelle aux choses qui leur sont utiles, aussi bien qu’à celles dont elles redoutent les effets.

Aucun culte dit l’Abbé Sauterre ne fut plus répandu ni plus enraciné que celui des eaux. On le vit survivre à tous les autres au sein même du christianisme, et résister si fortement aux condamnations des lois civiles et des conciles que les évêques, désespérant d’en triompher, ne crurent pouvoir mieux faire que de lui donner la consécration de l’Église.

Ainsi le pouvoir ecclésiastique a du maintenir tout en leur donnant une autre direction des usages antérieurs à l’usage du christianisme.

Voici la liste des sources et fontaines, qui dans notre canton portent des noms de saints, ou sont l’objet de quelque coutume périodique.

Angy : Fontaine Saint Clair


Bury : Fontaine Saint Gervais
Fontaine Saint Fiacre (fournissant un ruisseau qui coule dans la rue des Prêtres).


Heilles : Autre Fontaine Saint Clair


Neuilly : Fontaine Saint Fiacre


Mouy : Fontaine Chrétienne


Ansacq : L’une des plus remarquables par la bonté de ses eaux, la Fontaine du Tilleul.


Un lieu de pèlerinage à la fontaine



0n sait que la généralisation de l’organisation paroissiale dans le courant du XIIe siècle n’a fait que reprendre, dans un certain nombre de cas, le réseau des lieux de culte pour chrétiens.

A Angy, près de l’Église, une fontaine dite de Saint-clair était vénérée dès la plus haute antiquité pour les maux d’yeux, et avait un grand renom avant la Révolution. Elle a cessé depuis de voir sur ses bords autant de pèlerins qu’autrefois, bien que chaque année, le 17 juillet, jour de la fête, on y venait encore religieusement au siècle dernier.

Voici ce qui s’y passait :les pèlerins affligés de maux d’yeux se rendent à jeun à la fontaine, y boivent un verre d’eau, puis assistent à la messe, font réciter sur leur tête l’évangile du saint, retournant ensuite à la fontaine. Là ils trempent dans l’eau le doigt avec lequel ils vont faire de nouveau le signe de la croix, puis lavent leurs yeux, et enfin boivent un second verre d’eau.

La vraie source de la fontaine n’est pas celle où boivent les pèlerins, ce n’est même pas celle du jardin du presbytère qui coule à gros bouillon.

La source primitive qui alimente celle dont nous venons de parler, se trouve renfermée dans une crypte faisant partie aujourd’hui du presbytère et servant de cellier. Elle a été construite dans le courant du XVIIe siècle par les soins du curé d’Angy pour l’exécution des statuts diocésains recommandant aux ecclésiastiques de tenir la main, chacun dans sa paroisse, à l’entière abolition des superstitions tant pour guérir les maladies qu’autres qui y seraient usitées. La précaution prise ne comprima pas la dévotion des pèlerins. Ils s’abattirent plus loin afin de recueillir l’eau précieuse dont on voulait les priver. Plus tard ce deuxième emplacement, qui était devenu le lieu du pèlerinage, fut à son tour enclos dans le jardin et nécessita un troisième emplacement. Tant de difficultés successives, jointes aux prédications finirent par détruire l’affluence des pèlerins à Saint-clair d’Angy.


L’eau qui lave

Le 9 Mai 1879 le Conseil Municipal présidé par M. Duguevre décide la construction de 2 lavoirs couverts dont le financement sera assuré par le versement du prix de l’adjudication d’une parcelle sise chemin des postes le 27 Août. Il est précisé qu’un lavoir sera établi au hameau de Flandre lieudit la Cavée des Bouillons ou au lieudit le Carrefour.

C’est le 16 Novembre qu’il est indiqué que le lavoir de Rousseloy sera établi dans l’angle formé par le bâtiment servant à remiser la pompe et le mur de clôture fermant la propriété de Monsieur K LOUTRE.

Leur financement est comme on l’a vue, assuré par la vente du terroir communal qui a eu lieu le 5 Septembre au prix de 6.100 F (le devis des 2 lavoirs se montant à 2.035 F).

La construction d’un troisième lavoir est décidé par délibération du 4 Février 1880 au Hameau de Flandre lieu dit l’abreuvoir.

Ces textes permettent de mettre en doute la rumeur qui circulait jusqu’ici selon laquelle la Baronne SEILLIERES Châtelaine de Mello, aurait fait don avec humour, et voulu baptiser l’un LIBERTÉ et les 2 autres : L’ÉGALITÉ et FRATERNITÉ.

En 1873, il y a six lavoirs publics à Mouy dont cinq sont couverts.


L’eau qui chauffe


Les tourbières du Marais de Dury-Saint-Claude qui couvraient une superficie de 16 ha ont été desséchées et l’on a achevé d’en extraire tout le combustible dans l’année 1833.


Dictons et Proverbes


A laver tête d’un âne on perd sa lessive, son savon
Chat échaudé craint l’eau froide
La carpe saute de l’eau sans faute
On a beau mener le bœuf à l’eau, s’il n’a pas soif


Pluie aux rois, - Blé Jusqu’au toit
Quand il pleut à la SAINT-AUBIN - N’a ni paille, ni foin, ni grain
Quand il pleut à la ST-GERVAIS - Pour le blé, signe mauvais
S’il pleut pour la TRINITÉ - Le blé diminue de moitié


Après la pluie le beau temps
Autant vaudrait battre l’eau de la rivière
Dans un mortier l’eau ne pile
De l’eau sur la mariée, de l’or dans le panier
Eau qui court ne porte point d’ordure
Goutte à goutte l’eau creuse la pierre
Goutte à goutte on emplit la cuve
Il est à couvert de la pluie
Il n’a pas soif qui de l’eau ne boit
Il n’est pire eau que l’eau qui dort
Il ne faut pas puiser au ruisseau quand on peut puiser à la source
Il passera bien de l’eau sous le pont
L’eau court toujours à la mer
L’eau est le regard de la terre, son appareil à regarder le temps
Les eaux calmes sont les plus profondes
Les petits ruisseaux font les grandes rivières
Les rivières sont des chemins qui marchent et qui portent où l’on veut
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise


A petite fontaine on boit à son aise
Il ne faut Jamais dire ; fontaine je ne boirai pas de ton eau


Au bout du fossé la culbute
Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat
Mieux vaut faire le tour du fossé que d’y tomber
Qui conduit dans le fossé tombe le premier


A la SAINT MARC, s’il tombe de l’eau -Il n’y aura pas de fruits à couteau
Pluie le jour de STE OPPORTUNE, -Ni cerise, ni prune
Quand tombe l’eau le LUNDI GRAS- Lin fin et beau tu auras (chanvre)


Citations 

  • Ce sont là Jeux de Prince- On respecte un moulin- On vole une province
  • Chacun tire l’eau à son moulin
  • Faire venir l’eau au moulin


1568 

  • Fumée, pluie et femme sans raison - Chassent l’homme de sa maison
  • Il ne vaut pas l’eau qu’il boit


1842 

  • Les méchants sont buveurs d’eau
  • Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables
  • A STE MARGUERITE -Forte pluie est maudite
  • Janvier d’eau chiche-Fait le paysan riche.
  • Petite Pluie abat grand vent
  • Pluie de bise - Mouille la chemise
  • Pluie de février, - A la terre vaut du fumier
  • Pluie de ST JEAN - Pluie pour longtemps
  • Pluie de ST MÉDARD - Quarante jours bousards
  • Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin


XVle siècle 

  • Quand il tonne il faut écouter tonner
  • S’il pleut avant la messe. - De toute la semaine il ne cesse
  • S’il pleut le jour de STE PETRONILLE.-Pendant 40j elle trempe ses guenilles
  • Il faut puiser quand la corde est au puits

1752 

  • La vérité est cachée au fond du puits

1749 

  • Quand le puits est à sec, on sait ce que vaut l’eau

V. HUGO 

  • Dieu n’avait fait que l’eau mais l’homme a fait le vin
  • L’eau fait pleurer, le vin fait chanter

1772 

  • Le ciel fit l’eau pour Jean qui pleure, et fit le vin pour Jean qui rit
  • Mettre de l’eau dans son vin
  • S’il pleut le Jour de ST MÉDARD -Si t’as pas de vin t’auras du lard  


Bords du Thérain 


Bords du Thérain, verdures tendres,
Toit de tuile du vieux moulin,
Soleil sur la rivière aux matins de Septembre,
Roue acharnée à sa course sans fin
Et que l’écume argente,
Frissons de l’eau qui s’irise et qui chante,
Non, je ne vous oublierai point !
Et surtout, dans mes songes,
Reparaîtra souvent
La belle jeune fille blonde
Penchée au vannage, et dont le vent
Soulevait un peu,
Comme épi de maïs à l’ombre,
Les lourds cheveux.
En elle pour moi s’incarnait,
Au chant de l’onde,
Tout ce beau pays vert et bleu ...


Le Miracle de la vie (1937)



Témoignage recueilli auprès de M. K.Mathys qui pratiqua ce métier il y a bien longtemps.
(
1) Planchette de 1,20 m de long, de 12 à 75 cm de (orge maniée depuis la berge avec un manche fixé en biais)

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