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Patrimoine Culturel et Historique du Canton de Mouy
Histoire de notre Canton
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Neuilly sous Clermont : l’église Saint-Fiacre & Notre-Dame
Article mis en ligne le 28 juin 2014

par Mauricette
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L’église de Neuilly
D’après le travail de J.Crépin
(monographie de 1906 rééditée en 1994, p.85)


L’église n’offre rien de bien remarquable. C’est un monument en forme de tau (On désigne ainsi une construction en forme de T). La branche de droite paraît extérieurement plus grande que celle de gauche, parce que le chœur, terminé en pignon, devait primitivement s’harmoniser avec la nef et deux collatéraux dont un seul, celui de gauche, a été construit.
Le lieu marécageux où l’église s’élève n’a sans doute pas permis d’édifier le bas-côté du sud, remplacé par d’énormes arcs-boutants triples qui soutiennent le mur de la nef de ce côté.
Le portail, autrefois précédé d’un porche, est une arcade romane qui repose sur de longues colonnettes. Il est surmonté, à la hauteur du comble, de deux fenêtres ogivales en partie bouchées. Deux autres fenêtres ont été percées plus bas pour éclairer la nef et le bas-côté. Le portail est déporté légèrement vers la gauche du chœur...


Extrait du
Précis de statistique sur le canton de Mouy
de Louis Graves (1835).


L’abbaye de St Quentin les Beauvais avait le patronage de cet établissement.
L’église sous l’invocation de N-D, fait partie de la succursale de Cambronne.
C’est un édifice de forme allongée, construit en pierres de taille, tenant aux maisons voisines.


Le clocher est placé à côté du chœur. Les fenêtres de ce dernier sont formées d’ogives géminées surmontées d’une rose sans ornements ; il est carré, et porte sur chaque face deux fenêtres ogives à colonnettes ; ses contreforts sont appliqués ; il est terminé par une flèche de charpente.


Le portail est une arcade romane qui repose sur de longues colonnes. Deux ouvertures ont été bouchées au-dessus.
On a ouvert des baies « modernes » à côté.


La nef est soutenue au midi par de larges contreforts à arcs rameux (mot inusité de nos jours).


A l’intérieur, la nef est divisée en deux parties, l’une et l’autre de style ogival tertiaire.


Le chœur plus ancien, est du temps de l’architecture à rosaces. De gros piliers entourés de colonnes minces appliquées supportent des voûtes à nervures croisées. Le chœur est pavé de dalles. Tout l’édifice est devenu très humide à cause de l’exhaussement du sol voisin ; on y descend par plusieurs marches.



La petite colonne et les contreforts



Les "étais" et la baie bouchée



Le côté est, les deux baies style gothique au-dessus de la sacristie



Sur chaque face du clocher, deux ouvertures en forme de baies géminées


L’église et son entourage


Avant d’entrer dans l’édifice regardons l’endroit où nous a conduit l’allée du parvis.
Nous sommes vraisemblablement dans le cimetière primitif qui entourait l’église. Il est évident que la petite colonne qui se dresse près du portail, soutenait une croix des morts (ou croix du cimetière), pour rappeler aux habitants que leur destin se terminera dans ce coin de campagne...


Un monument aux morts de la guerre se cache dans la verdure d’un buisson taillé militairement...


La nef, a été consolidée par des contreforts sur le côté Sud.
A voir les dimensions imposantes de la construction, on imagine que les travaux étaient urgents et nécessaires.


Pour retenir efficacement le mur il fallait que l’appui se fasse assez loin de la base.
Pour éviter d’avoir à boucher les baies (les ouvertures du Sud sont indispensables pour faire entrer l’air et la lumière) les bâtisseurs de l’époque ont trouvé un moyen peu orthodoxe en renforçant le sommet des baies par des « étais » en pierre.
Pour achever le renforcement du mur de la nef, le Transept Sud joue le rôle de contrefort et perd une baie.


Nous allons nous éloigner de l’église pour contourner le local « construction rajoutée » qui sert de sacristie. Le propriétaire voisin a eu l’heureuse idée de clore son champ avec une grille ce qui nous permet de voir que les baies qui ferment le monument à l’Est (derrière l’autel) sont de styles différents.
Profitons d’un peu de recul pour observer le clocher. Il est carré et porte sur chaque face deux ouvertures en formes de baies géminées.



Au-dessus de la sacristie, deux baies de style gothique éclairent le transept-chœur, celle à un meneau est inspirée des années 1190-1230 ; l’autre avec ses deux meneaux est plutôt des années 1230-1360 d’après la forme des remplages (Le remplage est l’ensemble des pierres situées à l’intérieur d’une baie gothique pour en diviser la surface à fermer).


Au retour de cette petite mise en jambes, prenez le temps de reconnaître une porte à linteau de pierre, semblable à celle du transept de l’église d’Ansacq. (Le modèle est encore dans votre mémoire, si vous êtes venu à la visite de  L’église Saint-Lucien d’Ansacq !)


 


Le mur nord et le clocher


Les personnes qui veulent prendre cinq à six minutes de repos peuvent s’asseoir sur le banc de pierre devant l’entrée pendant que les curieux-courageux se lanceront dans la propriété qui jouxte l’église et qui lui était reliée par un sentier privé.


 


Cette bâtisse était, paraît-il, réservée au prêtre de la paroisse si celui-ci résidait sur placeLe mur nord de l’église

Pour des questions de sécurité il n’est pas conseillé de vous approcher de la maison qui n’est plus utilisée que comme supports de projecteurs.


Le clocher est placé à côté du chœur. Si, on s’approche du mur de la nef exposé au Nord, on trouve un sol très humide et marécageux expliquant les difficultés rencontrées


Le mur Nord, formé de moellons noyés dans le mortier avec des contreforts en pierre de taille, n’a qu’une petite fenêtre étroite à la naissance du chœur lequel a cinq grandes fenêtres de styles différents, dont une au-dessus de chacun des trois autels qui le décorent.


Le clocher est sur la gauche du chœur. On y accède par une tour appliquée au mur du Nord et qui s’élève jusqu’à la naissance d’une flèche de charpente couverte en ardoise.

La hauteur totale du clocher est de 31.75m se décomposant ainsi :


Du sol au comble 


Hauteur du comble


Hauteur du clocher


Hauteur de la flèche


Hauteur totale 


8,15 m


7,20 m


4,60 m


11,80 m


31, 75 m

La nef a 14 m de long et 4,50m de large. Le bas-côté a une largeur de 3,25m.
Le chœur-transept a une profondeur de 10 m et une largeur de 18,20m.


Chacun ayant retrouvé ses compagnons de visite, nous entrons dans l’église.



Les fidèles sont assis dans la nef



On aperçoit la porte et la baie qui éclairent les fonts baptismaux. On note la forte inclinaison de certains piliers.


Jusqu’au Xème siècle, la grande majorité des églises d’Occident est couverte en charpentes. La fin des invasions provoque un accroissement soudain de la population. Il faut construire ou reconstruire d’innombrables églises afin d’accueillir un nombre toujours plus élevé de fidèles.
Les bâtisseurs décident de voûter en pierre les nouveaux édifices et d’adapter à la nef un nouveau couvrement en pierre formant une voûte.
La première solution trouvée est de construire une voûte d’un seul tenant (comme un bol renversé). Le poids est énorme et sa construction onéreuse (ciment pour le mortier à faire sur place, difficulté de conservation, élévation des matériaux, eau, pierre, planche pour servir de moule, etc.). A réserver pour les grosses constructions.


Les toutes premières voûtes ne sont cependant pas toujours en pierre mais parfois constituées d’un mélange de sable, de chaux et de pierres concassées fort proche du béton utilisé par les Romains. Ce type de voûte concrète possède un avantage extraordinaire : chaque bloc coulé constitue un véritable monolithe qui n’exerce d’autre force que son propre poids.



L’emploi du fer


A partir du XIIIème apparaissent dans de nombreuses réalisations, les tirants, sortes d’entraits en fer qui, reliant les naissances des voûtes ou les arcs-boutants entre eux, servent à les maintenir.
Dans notre canton, l’emploi de tirants en fer est exceptionnel. Les possibilités d’obtenir du fer sont rares, les moyens financiers faibles et le métal qui est produit loin de notre contrée bien qu’il puisse subir de fortes tensions est difficile à employer dans nos régions à températures et humidité variables.


Le visiteur intéressé pourra se reporter à l’église de St Félix, (la poutraison)


++++


ENTRONS DANS L’EGLISE


C’est un lieu de culte qui accueille une ou deux fois par mois les fidèles pour y célébrer les cérémonies religieuses.
A peine entré, le visiteur est surpris par la fraîcheur et le calme de l’endroit.
A gauche, un confessionnal, avec une ultime recommandation au pénitent venu se repentir.
Un cierge, issu des fêtes de Pâques, éclaire le chemin à suivre.

Le tableau sur le mur représente le baptême du Christ dans le Jourdain. La grande croix de bois signale aux néophytes que c’est ici qu’on peut être baptisé. L’eau mise en réserve à l’abri de la lumière et de la poussière reste pure pendant quelque temps d’où le nom de fonts baptismaux (mis pour fontaines des baptêmes).


La baie qui éclaire la scène permet aux visiteurs inquiets de repérer dans le coin gauche, en haut de la photo, un « tirant » métallique. (Nous en verrons d’autres)


Regroupons-nous au centre de la nef. Des traces d’anciens scellements (?) attirent notre attention surtout dans les colonnes supportant les voûtes de la nef.


 


 


Les églises ont toutes le même plan inspiré d’une croix latine. La branche la plus longue des trois sert de pieu vertical.
a) le sommet (chœur) est tourné vers l’Est (le soleil ou Jérusalem).
b) La partie horizontale, (transept) joint le Nord et le Sud.
c) Le pied de la croix (nef) est tourné vers l’Ouest.


Il peut arriver que pour une raison quelconque, on ait à doubler la surface de la nef en construisant de chaque côté de cette dernière, un « bas-côté ». (Il faudra au préalable remplacer une partie des murs porteurs par des grandes arcades.) Les difficultés vont apparaître quand on voudra couvrir l’ensemble. (Charpentes ou voûtes de pierres qui vont peser sur des fondations).
Il semble qu’un problème de cet ordre se soit présenté. Un seul bas-côté a été réalisé et il a vite fallu consolider des baies, construire des contreforts, renforcer par des fers, etc.

 



La porte qui ouvre sur le pré du logis est en bon état. La porte suivante permettait l’accès au clocher. Le passage d’une des cloches indique son embonpoint.
 


Cette partie de la nef, est le seul endroit de l’église où les fidèles peuvent se tenir sans gêner l’officiant. Sur les murs sont disposés des peintures ; « des niches à saint ou sainte » ; un monument rappelant les noms des morts tués au cours des guerres ; un rappel de la reconquête de la France par Jeanne d’arc ; etc.
Dans le bas-côté Nord, se trouve également une porte qui ne peut plus s’ouvrir et qui certainement servait de « raccourci » pour se rendre à la maison du vicaire par le petit sentier.
A hauteur du chœur on rencontre les piliers du clocher, dans la voûte une ouverture cylindrique nous indique le diamètre de la plus grosse cloche. D’autres trous par où les cordes passaient pour annoncer les fêtes et les mauvaises nouvelles.


QUITTONS LA VOUTE DES YEUX...


Regardons derrière le pilier ce curieux siège, unique dans notre canton...
Le dossier présente une sculpture représentant une ruche, des lettres en relief. D’ordinaire ce fauteuil se trouve dans une cathédrale. Il s’agit d’un siège que seul un évêque, peut occuper.
La visite se continue avec les autels du sanctuaire. En règle générale, l’espace réservé au service du Saint-Sacrement est surélevé, isolé dans le chœur. Un autel est choisi comme maître-autel, les autres sont appelés autels secondaires et désignés par le nom d’un(e) saint(e) connu(e) par les fidèles.
Le choix d’une église de plan en tau réduit les possibilités d’implantation des autels. Le maître-autel étant placé au milieu, il se devait d’être sous la verrière de saint Fiacre.

 



Un Christ, la tête nimbée domine le maître-autel.


Il fallait un solide passé pour que, placée sous la verrière de saint Fiacre, la sculpture soit admise par les fidèles.


Une verrière dans le langage des constructeurs gothiques désigne un grand vitrail vertical. L’armature métallique des vitraux est constituée de barlotières (barres de fer scellées dans les murs et dans les meneaux) et d’autres tiges plus fines, les vergettes, attachées aux panneaux de verre par des petits liens de plomb afin de les raidir.


La Vierge en bois



Les seuls éléments qui pourraient sans doute (?) nous aider à percer le mystère sont peut-être sous nos yeux : La mère montre une partie d’un objet, quant à son jeune enfant , il occupe une de ses mains à maintenir deux carrés qui semblent rigides mais qui font partie de la sculpture.



Le nom lavabo est un mot latin qui est passé tel quel dans la langue française. Plusieurs autels nécessitent plusieurs lavabos en général situés à droite de l’officiant.



Inscription gravée sur une pierre tombale.



La fondation


Le groupe est arrivé au terme de son périple, après un coup d’œil sur les lavabos nous pourrons vérifier la petite phrase de J.Crépin dans sa monographie : L’église renferme une vierge en bois du XVIème siècle, placée au-dessus de l’autel qui lui est consacré.


Devant une baie, la vierge est vue à contre-jour, elle nous semble triste, ou préoccupée. Chaussée de solides chaussures elle a dans sa main gauche un objet. L’enfant semble heureux de voir du monde.


Regardons de plus près la mère et son enfant :

Le sculpteur qui a réalisé le couple a accentué volontairement la joie de vivre de l’enfant pour faire ressortir la crainte ou la tristesse de sa mère. De plus la sculpture a été malmenée au cours des événements passés. Le visage de l’enfant semble avoir souffert au cours des années.


L’enfant Jésus, quand on le regarde de côté, a un visage qui semble « ajouté » comme un masque mal ajusté.


Personne pour l’instant ne conteste la représentation de la Vierge ou celle de l’enfant Jésus. Mais qu’une mère paraisse si inquiétante avec un enfant qui semble heureux d’être dans ses bras paraît invraisemblable.


La chaînette et son pendentif semblent avoir été offerts et installés par des fidèles reconnaissants.


Outre les vêtements princiers, les broderies de l’enfant, la couronne de la mère, ses chaussures de travailleuse de la campagne, sa chevelure, son regard fixe de nourrice aux yeux bleus, la statue est celle d’une solide femme rompue aux travaux de la campagne et d’un enfant de tout juste une année d’existence mais qui semble heureux d’être en bonne santé


M. J.Crepin, dans sa monographie de 1906, date la sculpture du XVIème siècle. (C’est-à-dire entre 1500 et 1600).
Cette date n’a pas été contestée dans la réédition de l’ouvrage paru en 1994.

Les fondations
Texte de la fondation
Cy devant repose le corps d’honnête personne, Edme Feret qui décéda le 5 novembre 1690, Qui a fondé 2 obits (on appelle obit un service religieux célébré pour un défunt) de vigile messes hautes Vexila au commencement et libera à la fin
Et augmenté de 3 livres 5 sols celui quAbdon Feret Son oncle avait fondé de 15 sols de rente Pour être les dits 3 obits chantés à perpétuité Dans cette église de N-D de Nully (Neuilly, s’est longtemps prononcé différemment ce qui a parfois gêné les habitants) :
Le premier pour le repos de son âme le 5 de Nov. Le second pour Pierre Feret et Barbe L’Eschevin Ses père et mère le 2 décembre,
Le troisième pour Abdon Feret le 6 février, Dont les corps reposent pareillement icy Et pour ce, a donné à la dite église :
Onze livres 5 sols de rente à prendre
sur les biens énoncés dans son testament
passé par devant Mtre Petit notaire à Liancourt. Estant alors prieur de Nully : F Marcellin (François Marcellin, le chanoine est inhumé dans le chœur de l’église), Mithonneau chanoine régulier de St Augustin De la réforme de l’ordre de Prémonté.
Et de Marguerite Féret sa soeur,
Qui décéda le 13 juin1703
Et de Charles Delacourt,
Fils de la dite Féret et neveux du dit fondateur
De 5 sols de rente à prendre sur Michel Batavoine de Vaux.
PRIEZ DIEU POUR LEVRSAMES.
Le mot fondations peut surprendre, mais il est ici utilisé dans un sens inhabituel. Au cours du XVIème siècle se répand l’idée qu’après la Mort, les mauvais chrétiens peuvent se racheter en ayant la possibilité de purger une peine plus ou moins longue au purgatoire, pour espérer ensuite connaître le paradis.
Pour que ce temps d’attente soit le plus court possible, il convient de donner par testament, des biens ou de l’argent à ceux qui gèrent les intérêts de l’Eglise, afin que des messes et des prières soient dites pour le repos du défunt.
Cet engagement prend le nom de FONDATION. Par mesure de prudence, (le défunt n’ayant plus la parole), il semble plus sûr de faire graver dans le marbre les engagements pris au nom des paroissiens.


++++


VIE ET LÉGENDE DE SAINT FIACRE


La possibilité de réprimander un « responsable » (sans craindre ses représailles) est un exutoire qui soulage quelque peu ceux qui ont peiné pour rien.



Saint Fiacre, patron des jardiniers, était le saint qu’il fallait pour consoler les paroissiens des récoltes perdues, des animaux malades, pour être à la fois maudit par ceux qui attendaient le soleil quand il pleuvait et par ceux qui attendaient la pluie quand il faisait trop sec.
Un autre saint patron avait également une bonne renommée dans le même registre : Saint Médard, mais ce dernier avait déjà été choisi par les paroissiens de Thury sous Clermont qui craignaient les inondations.


VIE ET LÉGENDE de saint FIACRE
Extraits du guide iconographique de Michel Pastoureau, paru en 1994


D’origine irlandaise, saint Fiacre a été extrêmement populaire. Une légende raconte qu’il obtient de l’évêque Faron, un terrain à Breuil, près de Meaux, afin de fonder un monastère.
« Tu auras tout le terrain que tu pourras entourer d’un fossé en une journée » lui aurait dit Faron. L’ermite trace la limite avec son bâton et le fossé se creuse miraculeusement. Il plante dans la clairière qu’il a défrichée un jardin, dont les légumes nourrissent les pèlerins.
C’est pourquoi il est le patron des jardiniers


L’entrepreneur des coches à cinq sols de l’heure habitait l’hôtel Saint-Fiacre, rue Saint-Antoine à Paris et l’hôtel avait pour enseigne une image de saint Fiacre.


C’est pourquoi il est considéré comme le patron des cochers de fiacres.



Non seulement cet homme tenant une bêche est honoré par les jardiniers mais il veille également sur les maraîchers, les chauffeurs de taxi, les bonnetiers et sans doute sur d’autres métiers... sans compter ses talents de saint guérisseur car si la tradition en fait d’abord le saint patron des jardiniers ayant pour emblème la bêche qu’il utilisa pour créer le potager nécessaire à son couvent.[...] est invoqué contre les fistules, les hémorroïdes (appelées mal St Fiacre), les flux de sang, les coliques, les cancers, les chancres et les maladies vénériennes, ainsi que contre les piqûres d’araignées et pour l’abondance des fruits de la terre.


Sa popularité fondée essentiellement sur ses talents de saint guérisseur était grande. Au beau milieu du XVIIème siècle, le cardinal de Richelieu, souffrant d’hémorroïdes, demande que l’on ouvre le cercueil de saint Fiacre, à Meaux, afin de se procurer quelques reliques du saint pour apaiser son mal.


Dans le canton de Mouy, saint Fiacre figure en peinture sur un pilier du chœur de l’église de Heilles, sous forme de statue dans l’église de Bury où il a donné son nom à une source communale. Sur un vitrail dans l’église de Neuilly, etc.



A propos de saint Fiacre


Au premier coup d’œil, une question vient à l’esprit :


- Y a-t-il jamais eu un fiacre dans ce village, ailleurs que dans l’église ?
La question est intéressante et la réponse est facile : Fiacre est un ermite mort en 670. Il est inutile d’y voir un rapport avec le véhicule à cheval qu’on loue, dans les villes, à la course ou à l’heure (10 siècles plus tard !).


Voici ce qu’on croit savoir du personnage :
Cet ermite irlandais du VIème siècle était venu demander à l’évêque de Meaux un terrain pour y construire une église. « Tout ce que tu pourras toi-même entourer d’un fossé, creusé avec ta bêche, en une journée de travail », lui promit le prélat.
Et voici Fiacre trottinant à travers la campagne briarde, traçant de son bâton une limite qui se transforma miraculeusement en fossé. Il y avait suffisamment de terrain pour une église et même un monastère.
Il plante dans la clairière qu’il a défrichée un jardin, dont les légumes nourrissent les pèlerins...
C’est pourquoi il est le patron des jardiniers & des maraîchers.
Comme au vu du miracle une paysanne l’avait accusé de sorcellerie, pour éviter d’autres soucis... Fiacre interdit définitivement l’accès de son église à toutes les femmes.


Plus tard...
En 1640, un certain Nicolas Sauvage créa à Paris la première compagnie de voitures louées à la course. Il établit son dépôt dans un hôtel qui avait pour enseigne S Fiacre. Le nom passa aux véhicules et le saint devint le patron des cochers de fiacres.
Puis, le progrès aidant, le patron des chauffeurs de taxis.


Malgré son ressentiment envers les femmes (cf. page précédente) Il leur était pourtant miséricordieux : Anne d’Autriche attribuait à l’intercession de saint Fiacre une vitalité soudaine de son époux Louis XIII, et la naissance de Louis XIV qui s’ensuivit !


Saint Fiacre est toujours représenté avec une bêche, c’est à cela qu’on le reconnaît (comme Saint Pierre avec sa clé)


Très « à la mode » il est invoqué pour ses multiples talents :
Métiers de la bonneterie entre autre, sans compter ses talents de saint guérisseur.
Il est invoqué contre les fistules, les hémorroïdes (appelées mal saint Fiacre), les flux de sang, les coliques, les cancers, les chancres et les maladies vénériennes mais aussi contre les araignées et pour l’abondance des fruits de la terre.
Au beau milieu du XVIIème, le cardinal de Richelieu, souffrant d’hémorroïdes demande que l’on ouvre la châsse de saint Fiacre, à Meaux, afin de se procurer quelques reliques du saint pour apaiser son mal.


Texte relevé dans : La vie des saints de Duquesne & Lebrette, complété avec la documentation fournie par le musée de Crépy en Valois. (Lors dune sortie des adhérents de l’association.)


Nous ne nous sommes pas permis de mener plus avant notre enquête, les araignées et la poussière étant habituellement nos ennemies préférées, (après les pigeons). Nous nous sommes contentés de constater des dégâts causés, peut-être, lors de déplacements ou de chutes involontaires de la statue de la Vierge.



Textes
M. Janny Noblécourt


Sources
L’architecture religieuse médiévale (éditions Fragile)
La bible et les saints. Guide iconographique (Flammarion)
Histoire d’Auvillers et de Neuilly sous Clermont par J. Crépin.
Précis statistique sur le canton de Mouy par Louis Graves


Photographies
Mme Françoise Cassagne et M. Jean-Louis Cassagne


Remerciements
M. Jean-Pierre Thieffaine Maire de Neuilly sous Clermont



Dans la même collection :
Aide à la visite de l’église de...
Mouy (2002), Angy (2003), Bury (2004), Cambronne (2005),
Hondainville (2008), Heilles (2010), St Félix (2011), Ansacq (2012)
Sur les traces d’Herminie à Mouy et Bury (2009)



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