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Cambronne les Clermont : L’église Saint-Etienne
Article mis en ligne le 25 juin 2014

par Mauricette
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L’église vue de l’extérieur




Située au milieu du village, l’église est visible de loin. Souvent même, bien éclairée sur le plateau, elle accroche le regard à cause de son clocher qui semble commun à deux églises se faisant face.

Plaçons-nous devant la façade occidentale, celle où s’ouvre la porte principale.

JPEGAu premier coup d’œil, on saperçoit que les remaniements successifs ont laissé des "cicatrices" dans les pierres et qu’avec un peu d’imagination on peut retrouver "les crises de croissance" du monument. Si le portail a toujours été là, on peut douter du tympan et de son décor en carreaux qui détonne avec le style de la grande fenêtre et celui des deux petites ouvertures situées de part et d’autre de la porte. La présence des deux contreforts souligne les dimensions de la première église. Cette partie de la façade correspond à la nef principale. 



 


 



JPEGDans sa partie supérieure le raccord des pierres laisse deviner le pignon primitif. En regardant attentivement, on retrouve sur la droite un contrefort symétrique à celui se trouvant à l’extrême gauche. En "oubliant" la fenêtre ogivale de droite, on peut imaginer la première église. 
 



 



 



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Plus tard, la partie de droite, (bas-côté sud) a été élargie et surélevée pour former un deuxième pignon (on repère assez facilement les traces de cette modification qui doublait la capacité de la nef, comme à Rousseloy).




 



 



JPEGEnfin, dans un ultime remaniement, on a réuni les deux pignons en un seul, dominé par une croix en pierre, pour aboutir à la façade actuelle. (fig. 3) L’agrandissement de l’église se fera ensuite par la construction d’un chœur au-delà du clocher. Ces transformations successives ont lieu durant une période de grande évolution des techniques de construction. Commencée dans le courant du XIIème siècle (influence du roman), l’église est consacrée en 1239 (influence du gothique).





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JPEGLe collatéral nord
Il est éclairé à l’ouest (à gauche sur la façade) par une petite ouverture et côté nord par quatre autres fenêtres. Toutes sont en plein cintre.
Une corniche beauvaisine borde le toit (il manque un motif sur deux), son relief est très important alors que la corniche du clocher a un relief peu accentué.

 




La nef
Il faut regarder son côté nord qui est le seul visible. On voit ici la partie la plus ancienne de l’édifice. Quatre fenêtres en plein cintre dominent le collatéral nord. Une corniche horde le toit, son décor rappelle un peu celui du clocher (était-ce le décor d’origine ou une restauration maladroite ?).



Le transept nord
A la suite du collatéral on rencontre le transept sur lequel est adossée une construction (escalier pour l’accès aux combles) éclairée par deux petites ouvertures. Une fenêtre en plein cintre apporte un peu de lumière.



Le chœur
Derrière le transept se situe le collatéral nord du chœur, son mur extérieur est au même niveau que celui du transept. Une des quatre baies a été bouchée. Chaque baie devait être encadrée par des colonnettes qui n’ont pas résisté aux intempéries.



JPEGLa face méridionale
Le collatéral sud, devenu nef secondaire dans sa partie ancienne, est bien plus élevé que le collatéral nord : il est formé de quatre travées, chacune étant percée par une fenêtre ogivale. La troisième travée (en comptant d’ouest en est) n’a pas de fenêtre mais une porte à cintre abritée par un porche en forme d’arc brisé, situé en avant du mur, au niveau des contreforts qui l’encadrent.



 



 



JPEGLe clocher

C’est la partie la plus remarquable du monument. La construction est entièrement en pierre de taille. Sa hauteur totale est de 32 m. La hauteur de la pyramide est de 12 m celle des deux étages visibles de 9 m.



 



 



Construit sur un plan carré, il devient octogonal à l’extérieur des voûtes. Au premier étage, chaque pan est percé d’une baie allongée, terminée par un arc en plein cintre. Deux colonnettes et deux tores encadrent chaque ouvertures. Le deuxième étage est semblable au premier mais les baies sont plus larges et surmontées d’un arc légèrement brisé.





JPEGLa base de la pyramide qui termine le clocher est décorée d’une corniche beauvaisine à faible relief.





 

 



Une construction en plusieurs temps

Si c’est en 1136, dans une confirmation de biens à une abbaye, que l’église est mentionnée pour la première fois, on peut distinguer plusieurs campagnes d’édification au cours des décennies suivantes.

C’est vers 1145-1150 qu’il convient de situer une seconde campagne de travaux qui consiste surtout en l’achèvement du vaisseau central.

Vers 1220 on veut agrandir le bas-côté sud dans sa largeur, en l’alignant avec le mur du transept et en doublant sa hauteur.

Le chœur est construit en deux campagnes, la première en même temps que le collatéral sud, la deuxième quelques années avant 1239.

Le transept sud

Il faut se repérer au clocher pour situer le transept car ce dernier n’apparaît pas en relief comme d’ordinaire, au point que Graves écrit : « Il n’y a point de transept ! »





JPEGLe chevet





C’est un chevet plat qui ferme le chœur vers l’orient. Le mur présente un soubassement limité en hauteur par une moulure horizontale formant larmier. Trois ouvertures sont implantées au-dessus de cette moulure. Quatre contreforts partagent le chevet en trois parties. La grande baie du milieu correspond au chœur proprement dit, deux autres ouvertures éclairent les deux collatéraux de part et d’autre.





Ces trois ouvertures sont de type ogival, celle du centre est divisée verticalement par des meneaux formant trois petites ogives trilobées surmontées par un grand trèfle, celles qui sont sur les côtés sont légèrement trilobées.

Au niveau de la charpente, trois petites ouvertures assurent ventilation et éclairage des combles.

Entrons dans l’église

Les quelques marches à descendre nous amènent dans la partie de l’église qui a été rehaussée au début du XIIIème siècle.

JPEGLe bas-côté sud





Les piliers que nous découvrons ont deux chapiteaux superposés. Curieusement les grandes arcades construites à cette époque, s’appuient sur les chapiteaux du siècle précédent conservés et parfois même refaits dans le même style.
 



La nef




Elle se compose de quatre travées et forme le vaisseau central.

L’agrandissement du bas-côté sud a nécessité le surélèvement des piliers, l’utilisation des piles de la première construction lui donne un aspect curieux qui ne sert pas l’esthétisme, même si les nouveaux chapiteaux ressemblent aux anciens !

Le collatéral nord

Il se trouve sur la gauche et date de la première campagne. Il se compose de quatre travées et mesure 13 m de long et 5 m de haut . Dans le mur gouttereau, des niches, de nos jours bouchées, regroupées par paires dans chacune des tracées, présentent une arcature en arc brisé. Ceci n’est pas exceptionnel en Île de France où l’arc brisé a été utilisé au tout début du XIIème siècle.

Pour éclairer ce bas-côté, des baies en plein cintre, étroites et profondes ne laissent passer qu’un peu de lumière malgré l’ébrasement des fenêtres.





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Le transept

Maintenant incorporé dans les bas-côtés, il se compose de trois travées. La croisée, sur laquelle est établi le clocher, occupe la travée centrale.

Sur certains chapiteaux du transept sud, des petits personnages reçoivent les retombées d’ogive. Ces atlantes sont des éléments de 50 à 60 cm de haut, à genoux sur le tailloir du chapiteau. Les mains et la tête sont disproportionnés par rapport au corps. Selon P. Plagnieux, la présence de petits atlantes à la naissance des ogives est courante dans les premières églises gothiques du diocèse de Beauvais (cf. St Etienne de Beauvais, Bury, St Germer de Fly).




Le chœur

Il a été élevé au cours de deux campagnes de travaux. Ceci se vérifie sur les deux premières travées occidentales qui sont supportées par des piliers constitués d’un fut cylindrique et de quatre colonnettes alors que les piliers suivants ne sont pas de même facture. Des traces d’interruption de la construction sont visibles dans les bas-côtés entre la deuxième et la troisième travée, enfin les fenêtres latérales changent de niveau d’appui. Il faut remarquer par contre que le faux triforium qui donne sur les combles ne montre aucune trace de reprise.




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Le triforium
Il s’ouvre sur les combles du collatéral qu’il met en communication avec le chœur. Il est constitué, par travée, de trois groupes de deux lancettes surmontées par un quatre-feuilles. Ce triforium a été débouché en 1874 et les arcs boutant construits sous combles en 1876.



L’éclairage du vaisseau central du chœur est assuré par les trilobes des fenêtres triangulaires situées au-dessus du faux triforium. Les bas-côtés du chœur reçoivent la lumière par des baies en ogive percées dans le mur extérieur.



L’élément le plus extraordinaire est la très grande baie, à trois lancettes surmontées d’un énorme trèfle, qui occupe la presque totalité du mur oriental et apporte un flot de lumière dans l’église.





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JPEGLe décor pictural





Le décor pictural dont bénéficie l’église est peut-être dû à la qualité de l’éclairage naturel. La maçonnerie intérieure est recouverte d’un badigeon de chaux blanc, à faux joints ocre rouge qui est contemporain de la construction du XIIIème siècle. Au XVème siècle, un décor figuré sur le mur situé face à l’autel apparaît au revers du transept (jugement dernier) tandis que les voûtes du chœur reçoivent les symboles des évangélistes.



 




Malheureusement les peintures murales ont mal résisté au vieillissement, à l’humidité et aux algues diverses. Certes des spécialistes réussissent à reconnaître des scènes religieuses mais le visiteur non averti devra se contenter de deviner la présence de personnages ailés ou auréolés dans les couleurs ocre, rouge, jaune ou noire. On peut y voir entre autre une mise au tombeau.

Les vitraux
Ils occupent de larges surfaces surtout dans la partie du XIIIème siècle. La coloration du verre est peu accentuée et pendant les jours de soleil, l’église est d’une grande clarté.




La dédicace

A titre d’information voici la dédicace de l’église.

JPEGSous le pontificat de Grégoire IX, Henri étant métropolitain de Reims, sous le règne de St Louis et sous Alphonse époux de Matilde Comtesse de Boulogne, Guerrique étant curé de Cambronne, l’an douze cent trente neuf au mois de décembre, jour de la fête de St Benoît, ce temple a été dédié à St Etienne, par Robert évêque de Beauvais.





 



Le mobilier et la statuaire

C’est dans l’ensemble, un pauvre mobilier, souvent fort abîmé (une Pieta en bois sculpté n’est plus dans l’église).




Valent un coup d’œil :


  • Piéta qui sert de socle à la liste des soldats de la commune morts pour la France (moulage de 1919).


  • Peinture sur bois représentation naïve de la verge.


  • Bas relief en bois représentant St Etienne.


  • St Etienne, patron de la paroisse, en bois doré sur un bâton de processions.
     



 

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Lexique

arcade [une] : Baie libre constituée d’un arc dont les piédroits s’élèvent à partir du sol.
baie [une] : toute ouverture aménagée dans une construction et son encadrement.
ébrasement [un] : Percement d’une baie en ligne biaise. embrasure [une] : Espace vide compris entre les parois d’une haie. gouttereau (mur) : Du lat. Gutta, "goutte". Mur qui reçoit la gouttière d’un versant de toit.


larmier [un] : Saillie dune corniche qui laisse égoutier l’eau à une certaine distance de l’édifice.
tailloir [un] : l’ablette de pierre qui couronne le corps de certains chapiteaux.
triforium [un] : galerie étroite placée au-dessus des collatéraux et ouverte par une suite de baies.



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