Bandeau
Patrimoine Culturel et Historique du Canton de Mouy
Histoire de notre Canton
Descriptif du site
Bury - Collégiale Saint-Lucien
Article mis en ligne le 25 juin 2014

par Mauricette
Imprimer logo imprimer


VISITE de L’ÉGLISE de BURY


( Oise ) France


 


 


Collégiale Saint-Lucien de Bury


Bury est une des églises de la région qui, comme Cambronne-les-Clermont, se compose d’une partie romane (peut-être 1140), d’une partie gothique et de parties intermédiaires.


L’église vue de l’extérieur

  • La Façade occidentale



Jetons un premier regard depuis la placette sur laquelle s’ouvre le portail de l’église. Cette façade occidentale est divisée verticalement en trois parties par des contreforts qui marquent la nef et les bas côtés et horizontalement en trois étages : le portail, les fenêtres hautes et le pignon. A notre gauche, l’appareil du bas-côté nord est moins soigné. Il est plus ancien que le reste de la façade. Le portail, en plein cintre, légèrement outrepassé, repose sur deux ensembles de quatre colonnettes. Un arc segmentaire, pris dans le tympan, décharge le linteau de la porte. Le constructeur avait grande confiance en ce dernier car les joints sont verticaux ce qui est un défi aux lois de la pesanteur ! Heureusement une barre de fer maintient les claveaux à leur rang et rassure le visiteur !


Au-dessus de ce portail, la façade reprend l’aplomb du pignon. Trois fenêtres éclairent la nef, celle du milieu est plus large.

La Tour SAINTE-BARBE



Sainte Barbe étant toujours représentée avec une tour, ce nom a été donné tout naturellement à cette construction qui semble avoir eu une destination plus militaire que religieuse. La flèche qui la couronne n’a jamais eu de cloche et ne peut pas en recevoir. Par contre, depuis sa plate forme, on peut surveiller tout le pays.


Une restauration maladroite a couronné le sommet de la flèche de crochets, de pointes et d’un pinacle à fleurons dont le sommet culmine à plus de 24 m du sol.


Corniches.jpg (36278 octets)


Facade Nord.jpg (45912 octets)

  • La Façade Nord


Dirigeons nous vers la place Jules Ferry. Un premier regard met en évidence la grande disparité entre la nef, petite et basse et les parties orientales qui surprennent par leur ampleur.


Dans les parties basses des murs latéraux de la nef, apparaît souvent un appareil de moellons irréguliers que l’on retrouvera également dans le mur ouest du transept du XIIème siècle. Au-dessus de la toiture des bas-côtés, on aperçoit des hauts de fenêtres en plein cintre, décorés par des arcs en pointes de diamant. La toiture du bas-côté masque une partie de ces fenêtres qui à l’origine devaient être entièrement dégagées. M. Monnet dans son étude sur l’église avance, après avoir retrouvé des pierres plates dans les combles, l’hypothèse suivante : les bas-côtés auraient reçu primitivement.

  • Le Clocher


Au sommet de l’édifice se trouve un moignon de clocher en lieu et place d’une flèche qui n’a jamais été construite ou qui s’est écroulée.


Le mur oriental du comble principal nous donne des indications précieuses sur le premier transept construit au XIIIème siècle. Sur un mètre de hauteur, apparaît fort nettement le soubassement d’un clocher octogonal renforcé aux angles par des massifs de maçonnerie (étude archéologique de l’église de Bury : M. Monnet).


Cet "appendice" abrite des cloches dont le son n’avait pas de portée parce que donnant au niveau des combles. Pour remédier à cet état de chose il a fallu construire des abat-son ouvrant sur l’espace. Ces sortes de lucarnes, que beaucoup de visiteurs prennent pour des pigeonniers, sont aussi efficaces qu’un clocher élevé mais beaucoup plus économiques. Elles sont malheureusement mal entretenues. Cette solution est unique dans la région.


Dans l’angle nord de la nef, on distingue une tête de bœuf, (encadrée sur la photo) représentation symbolique de St Luc (une figure ailée, St Mathieu, dans l’angle sud marque un deuxième angle du clocher, les deux autres évangélistes devaient figurer aux autres angles de la croisée du transept primitif. M. Monnet) une couverture en pierres disposées comme des lauzes. Des traces laissées sur les murs, la nature de ces dalles non gélives, (que l’on trouve dans la découverte de carrières) autorisent cette hypothèse. Ajoutons que ce type de couverture avait été adopté à l’abbaye de St Jean du Vivier, près de Heilles.


Deux portes, aujourd’hui murées, se devinent. Elles donnaient sur les jardins et bâtiments conventuels qui occupaient alors la place communale.


Juste sous la toiture de la nef, admirons la magnifique corniche beauvaisine, élément caractéristique des églises du diocèse de Beauvais au XIIème siècle. Très creuse en 1125 comme à Bury, la corniche devient de plus en plus plate au fur et à mesure qu’on avance dans le siècle .

  • Le Transept nord 



 


Continuons vers la gauche pour rencontrer le transept nord. En quelques pas nous avons franchi presque un siècle. Dans les parties basses, les ouvertures présentent encore des formes arrondies tandis que les parties supérieures prennent des formes plus aiguës habituelles des années 1235-1250.
Les contreforts portent des traces de constructions par ailleurs bouchées, mais laissant la possibilité d’imaginer l’existence d’un petit fossé longeant l’édifice. L’humidité est l’ennemie principale de l’église de Bury, le terrain en pente est parcouru par des sources qui alimentent dans le bas de la rue, le lavoir dit de St Fiacre.
 


  • Le Chevet


Le chevet quadrangulaire longe la route, l’étage bas du mur est ajouré d’un triplet encadré de deux petits oculi. La composition triple est habituellement utilisée dans les murs plats de chevet dans le 1er quart du XIIIème siècle .
Au coin du transept sud et du chevet se trouve une tourelle polygonale d’escalier qui assure l’accès aux combles et au clocher, la partie supérieure de la flèche a disparu. Au passage l’escalier dessert une "galerie" qui permet aux habitants de Bury de fantasmer sur les déclarations faites depuis ce perchoir par les édiles de la ville tout au long des siècles.

 



Dans les trois murs pignons, l’éclairage est assuré par les ouvertures supérieures en forme de roses. La rose du bras sud du transept s’inscrit dans un carré suivant un schéma caractéristique de l’art gothique.



Une rosace devrait attirer votre regard "éclairé" à ce stade de la visite (comptez les lobes !).

  •  Le Portail Méridional


Il s’ouvre au milieu de la deuxième travée et reprend, en plus simple, la disposition du portail principal. Les vantaux refaits au XVIe siècle ont conservé les pentures du XIIIème siècle. Un oculus surmonte le portail. Continuons pour passer devant la tour Ste Barbe. Avant de pénétrer dans l’église,


 



Jetons un œil sur la porte et les pentures des vantaux et sur la forme de la serrure et de sa clé. 


  • Le Plan


L’église est orientée N-E, S-o elle prend la forme d’une croix, son chevet est carré. Les trois premières travées remontent au XIIème siècle. La quatrième travée, le transept et le chœur sont du XIIIème siècle avec des restaurations du XVème siècle.


-Largeur de la nef entre les piles 4,22 m
-Largeur des collatéraux 2,65m 


-Largeur du chœur entre les piles 6,80m
-Hauteur moyenne des voûtes de la nef 11,90m


-Hauteur du chœur 17,18m



  • Les Chapiteaux



L’église a été recouverte de badigeon ce qui lui donne une assez bonne clarté.
Des joints colorés ont été tracés verticalement et horizontalement.
Les épaisses couches de chaux successives ont empâté le relief des chapiteaux. 

  •  Les Chapiteaux à volutes



Ils sont placés dans les parties les plus élevées et dans les bas-côtés.


Ils s’inspirent de décors végétaux comme l’arum (plante commune de Picardie). On ne peut qu’admirer l’habileté avec laquelle, sous forme de rinceaux, d’entrelacs de torsades, les sculpteurs ont réussi leur décor.


 

  • Les Chapiteaux à atlantes


Situés dans la troisième travée du bas-côté nord, quatre petits atlantes soutiennent la retombée des ogives.


Voici comment les a vus M. Monnet :
"Tous ces personnages sont assis, trois d’entre eux, des hommes pourvus de courtes barbes, soutiennent à bras tendus la retombée des ogives, tandis que la quatrième, une femme, repose les mains sur les genoux. Les attitudes sont raides et symétriques, les figures inexpressives. La femme, ainsi que deux des personnages masculins, ont le front ceints d’un cercle d’orfèvrerie orné de perles, ses longs cheveux retombent sur ses épaules recouvertes d’un manteau orné de bijoux cloisonnés"
Monnet conclut :
"Les atlantes de Bury représentent des personnages considérables, monarques, grands seigneurs, ou donateurs ; leur attitude même les désigne comme soutiens de l’église."


Cette façon de représenter les personnages soutenant l’église sera reprise par l’école angevine à la fin du XIIème siècle.
Le docteur Woillez voyait, lui, dans ces personnages la représentation de Constantin, Clovis, Charlemagne et Clotilde. D’autres érudits refusent cette interprétation parce que le cercle d’orfèvrerie qui retient leurs cheveux n’est pas une couronne.

  • Les Chapiteaux à figures


Ils représentent des humains ou des monstres.


Deuxième pilier nord, deux monstres affrontés mi oiseaux mi-poissons.


Deuxième pilier sud, figures à chevelure et barbe bouclées, deux oiseaux semblent dévorer la tête d’un homme, etc...

  • Les Chapiteaux Historiés


Sur le premier pilier nord de la nef, deux chapiteaux représentent chacun un moine, l’un bêchant la terre, l’autre émondant des arbustes.


Sur le deuxième pilier nord est représentée la décollation de St Lucien, le bourreau à gauche (hache sur l’épaule) s’agenouille devant St Lucien qui tient sa tête (au milieu), à droite St Pierre tient les clés du paradis pour y accueillir le martyr.
Sur le premier pilier sud de la nef, un barbu tenant un sac dans chaque main pourrait représenter l’avarice (ou un donateur !).


Sur le deuxième pilier un prêtre revêtu de la chasuble lève les bras au ciel.


Les Chapiteaux Historiés

Chapiteau.jpg (59636 octets)
Chapiteaux_arba.jpg (72912 octets)
Chapiteaux3.jpg (39109 octets)


Chapiteaux2.jpg (47602 octets)


Ils représentent (peut-être) l’histoire médiévale de l’église St Lucien de Bury racontée dans le cartulaire de l’Abbaye de St Jean d’Angély rédigé en 1201.


Dessins de E. Woillez (1839/1849) et photos de 1983 (France romane - Zodiaque)


En 1078, le prêtre Albert, curé de Bury, est désireux de rendre toujours plus belle son église et d’y célébrer des cérémonies toujours plus magnifiques. Il décide de fonder une communauté de 4 chanoines en leur assurant, sur son patrimoine personnel, les moyens de vivre décemment pour assurer leur mission de prêtre. Il demande à son évêque, Guy à Beauvais, de prendre sous sa protection et autorité le don qu’il avait consacré à Dieu.


1084, 25 février. - Charte par laquelle Guy, évêque de Beauvais, confirme la création faite par un prêtre nommé Albert, d’un monastère situé à Bury, dans son diocèse, et frappe d’excommunication tous ceux qui voudraient le détruire. - Cart. orig. fol. 7 recto ; C. 1. XXVII bis. D-304


1085-1096. - Don par Lambert de Csenehot, sa femme Aremburgis, ses fils Ansculfe et Lambert, de divers biens à Saint-Lucien de Bury (Oise).


Carta de molendino quod dicitur de Buriaco.
Notum sit tam presentibus quam futuris, quod Lambertus de Csenehot et uxor sua Aremburgis, filiique illorum, Ansculphus et Lambertus, dederunt Deo et Santo joanni Baptistae, necnon Santo Luciano ac monachis (de) Buriaco, de obola terrae arabilis quae est in Leato III denarii ; .../...


Vers 1090 (1060-1091).


Rogier Barba transige avec l’abbé Eudes et abandonne ses prétentions sur l’église de Bury, provenant d’Albert, frère de la femme de Roger, et doyen de l’église de Bury, qui en avait fait don en devenant moine. Cet accord eut lieu à Beauvais, en présence de Foulques, évêque de Beauvais,


Henri, évêque de Soissons et autres personnages. - Cart. orig. fol. 134, recto. - C.1. LXIII, p. 247.



Un peu d’histoire


En 1078, le prêtre Albert, alors curé de Bury, décide la création d’une communauté de quatre chanoines, sur ses fonds propres.


En 1084, Guy, évêque de Beauvais confirme cette création.


En 1085, Philippe 1er, roi de France, confirme les dons faits par Albert et place le monastère sous l’autorité de l’abbaye de St Jean d’Angély


En 1247, l’évêque Robert de Cressonsacq installe à Bury, trois chanoines réguliers venant de St Just en Chaussée. L’église devient plus tard un simple prieuré. Durant les guerres de religions, le seigneur de Mouy qui était protestant demande au prieur du moment asile pour échapper à ses poursuivants. Il versera en échange chaque année un porc bon à manger, cet engagement sera appliqué jusqu’à la Révolution.


  • Le Transept


La quatrième travée



La nef et les trois travées que nous venons de voir ont été réalisées avant le milieu du XIIème siècle (vers 1135-1140). Une 4ème travée fait la jonction avec le reste de l’édifice. Cette travée de plan trapézoïdal permet l’extension en hauteur et en largeur des dimensions de l’église, au moment où les bâtisseurs ont acquis de nouvelles techniques de construction.
Un pilier suspendu, composé d’une colonne reposant sur un cul de lampe, est appuyé à un dosseret. Il s’élève dans l’axe de l’arcade entre deux colonnettes. Il avait sans doute une destination bien précise qui n’a jamais été réalisée. Une statue coiffe la colonne. Il s’agit peut-être de St Sébastien patron des archers.


La croisée du Transept


Trois des piliers de la croisée du transept sont caractéristiques des constructions habituelles du XIIIème siècle, seul le pilier nord a été reconstruit sur un plan octogonal (curieuse restauration !). La voûte primitive, probablement une simple croisée d’ogives, a été refaite au XVIème siècle (si on en croit M. Bertrand Monnet). Une coursière a été aménagée pour l’entretien des vitraux. Dans les angles de petits passages aujourd’hui bouchés, permettaient d’y accéder depuis l’ extérieur.



Les voûtes des croisillons ont été refaites au XVIème siècle.


Sur le mur nord, un tableau représentant Ste Catherine est une œuvre d’Herminie Collard, épouse d’un industriel. Ce dernier fit construire la "cité Herminie" .


C’est dans le transept sud que se trouvait "Le tryptique de la passion", très beau retable daté de 1548, dont il ne reste que l’entourage !


  • Le Chœur


Les voûtes du chœur de la première travée ont été refaites au XVIème siècle (10 à 15 cm d’épaisseur) celles de la dernière travée (18 à 20 cm) datent du XIIIème siècle.


Le triforium* primitif, muré, se voit encore dans la deuxième travée.


Le plat du chevet accueille un enfeu*.


Le sol est carrelé. Il est couvert d’une végétation faite en grande partie d’algues vertes, preuve d’une humidité constante qui ronge littéralement la pierre et le mobilier. Les murs s’effritent, le bois pourrit.


 Statues encore reconnaissables


Sur le mur du chevet un Christ qui provient d’une poutre de gloire.




Dans le chœur :


St Pierre, St Lucien, St Fiacre, Christ en croix,
Vierge à l’enfant, etc... Deux anges de grande taille.



 


 


Sur la chaire* :


St Georges terrassant le dragon, St Pierre, le Christ, St Lucien en évêque, St Fiacre (le plus souvent ce sont les évangélistes qui y sont représentés).



Face à la chaire


Christ en croix de facture populaire (malheureusement enguirlandé comme un sapin de noël avec des fils électriques et des projecteurs).


Les Vitraux


Les quelques vitraux anciens de Bury sont fort simples. Dans la partie nord du transept, ils sont remplacés par du verre ordinaire. Quelques uns sont cassés et des pigeons viennent souiller l’église.


 


Lexique :


*cartulaire : recueil de titres aux droits d’un monastère, d’une église.


*chaire : estrade d’où le prêtre peut s’adresser à son auditoire (rarement utilisée de nos jours).


*collégiale : église non-cathédrale possédant un chapitre de chanoines.


*enfeu : niche funéraire à fond plat (servait de tombe à un haut personnage).


*penture : ferrure qui soutient sur ses gonds une porte, un volet.


*triforium : galerie étroite placée au-dessus des collatéraux et ouverte par une suite de baies.



pucePlan du site puceContact puce

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2014-2017 © Patrimoine Culturel et Historique du Canton de Mouy - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.85.4