Introduction

Il y a actuellement 320 habitants sur les 378 hectares que représente la superficie de ROUSSELOY, autrefois RUSSELOY. Les premiers éléments dont nous disposons datent de 1366 et attestent que ROUSSELOY, ou "ville à quatre coutures" située entre MARTINCOURT et BARISSEUSE, était plus importante que de nos jours et se trouvait au centre de vignobles qui s'étendaient jusqu'à CLERMONT. La population de FLANDRES a également diminué.

     En 1501, une monographie de ROUSSELOY par le Docteur PARMENTIER nous apprend que Jacques de PIENNES fut enterré dans l'église de ROUSSELOY ainsi que sa femme.

     Dans le dallage de l'avant chœur est encastré une pierre tombale où l'on peut lire l'inscription suivante en caractères gothiques : "Ci- gist Jacques de PIENNE ... du dict PIENNE ... et dame des dis lieux, laquelle trespassa en ces lieux le XXXème jour du mois d'aoust mil cinq cens et vingt deux. Dieu en ayt les âmes".

     Il est regrettable que l'inscription soit incomplète car la généalogie de la maison de HALLUIN par le Chanoine LA MORLIERE et celle du Père ANSELME ne mentionne pas Jacques de PIENNES à la date indiquée.

     Sa famille possédait de grands biens dans la région et l'un de ses membres Louis de HALLUIN, seigneur de PIENNES, de MAIGNELIERS, etc..., était Gouverneur de Picardie. Après avoir été prisonnier de Louis XI ce prince l'attira à son parti, le fit son conseiller et Chambellan.

     Lorsque le connétable de SAINT PAUL eut la tête tranchée, ce fut Louis de PIENNES qui, un peu plus tard, présenta au Roi les héritiers de ce seigneur et leur fit rendre leurs biens confisqués.

Il était à FOURNOUE en 1495 et mourut en 1518. Sa femme, Jeanne de GUISTELLE, fille de Jean d'ESCLEBESQUE et de Jeanne de la GRUTHUSE, était parente des seigneurs de MELLO. Dans la cloche de l'église de ROUSSELOY on lit : "L'an M.V.C. et III je fus nommée Jeane par M. Jan. de la GRA ... MONT ... j. de PIENE, escuyer." Ne serait ce pas Jeanne de la GRUTHUSE ?

     Cette église Saint Martin, sur le plateau est des XIIe et XIIIe siècles. Elle était autrefois bien plus importante qu'aujourd'hui. La nef a disparu en 1825, le clocher qui était au centre surmonte maintenant la porte d'entrée. Ce qui reste de ce charmant monument fait regretter qu'il n'ait pu être conservé intact.

     Les Archives de l'Oise dans un curieux procès verbal de la visite des églises qui dépendaient de l'Abbaye de ST SYMPHORIEN près de BEAUVAIS, nous donnent d'intéressants détails sur l'état de cet édifice en 1704

     "Le Mercredi 3 Décembre, on se transporte à ROUSSELOY, distant de MOUY, de deux lieues et l'on visite le chœur et le clocher de l'église. Le chœur contient en longueur trente pieds et demy sur vingt deux pieds et demy de largeur, le tout en dedans œuvre. Il est construit d'une belle maçonnerie de pierre d'apparats en bon estat et de service. Le clocher placé sur le chœur est pareillement construit entièrement de pierre en quarré au dessus duquel quarré est une flèche à huit pans sur la pointe de laquelle les sieurs curés et les habitants dudit lieu nous ont dit que le tonnerre est tombé il y a quelques années ce qui a obligé de la raccourcir de trois à quatre pieds.

     Quant aux livres d'église le missel est défectueux en plusieurs de ses feuillets dont quelques uns sont déchirés ; d'autres sont détachés ; le graduel et l'antiphonaire ont besoin d'être reliés ; le rituel et le processionnel sont en bon estat."

Les deux toits à double rampant qui recouvrent le chœur sont en pierre, ainsi que celui en forme de dôme de la sacristie.

     Derrière l'église, se trouve un calvaire en pierre, de taille.

     Sur le bord de la D.110 dans le village, on remarquera une très belle ferme du XVIe, encore en exploitation. En face de cette ferme se trouve la grande aux dîmes.

     Le hameau de FLANDRES était autrefois plus important qu'il ne l'est de nos jours. Plusieurs maisons à toits de chaume furent détruites au cours d'un incendie et abandonnées depuis.

    FOLEMPRISE, ferme importante qui existe encore, située sur une hauteur au dessus de ROUSSELOY, appartenait autrefois aux Religieuses de SAINTE URSULE de CLERMONT.

     Actuellement, dans ROUSSELOY, il existe toujours la ferme de FOLEMPRISE, dont les bâtiments sont encore beaux. Dans cette ferme, on pratique l'élevage de faisans.

     Deux lavoirs en construction de pierre du pays seraient également à entretenir et à maintenir dans le village. I1 n'y a pas si longtemps, vers les années 1970, les femmes de ROUSSELOY y allaient encore rincer leur linge. L'eau courante n'existe que depuis 1972 environ. Ces lavoirs sont alimentés par de nombreuses sources.

     Traverser ROUSSELOY par la D.110 en direction de MARTINCOURT CIRES LES MELLO. Au carrefour avec la D.12, prendre à droite en direction de :



Introduction

La commune de BURY avec ses 2 658 habitants est la plus importante du canton après le chef lieu dont elle est très proche. Les 1 705 hectares occupés se partagent entre le chef lieu de commune et deux hameaux SAINT CLAUDE et MERARD.

La commune de BURY est au nombre de celles dont l'origine remonte aux temps les plus reculés du Beauvaisis. On ne peut en douter, puisque beaucoup de documents attestent que cette localité fut visitée et agitée par les Romains, avant que les Normands ne viennent la piller et la détruire. L'histoire nous montre Clovis ler passant à peu de distance de BURY, chassant de la Gaule les cohortes de Romains, qui avaient pu y rester.

Au XIe siècle, c'est le chef lieu d'une châtellenie dépendant de l'évêché comté de BEAUVAIS.

 

L'église Saint Lucien constitue un jalon important dans l'histoire du développement de la voûte sur croisée d'ogive; technique venue de la Normandie. Dans le deuxième quart du XIIe, les moines bénédictins reconstruisent l'église en la voûtant. Dans le troisième quart du siècle, on voûte la nef et on construit un transept à la croisée. Au début du XIIIe, l'extension de l'église est décidée. La longueur totale est maintenant de 45 m 35, la largeur de la nef d'axe en axe des piles de 6 m 23. La hauteur moyenne des voûtes de la nef est de 11 m 90 et la hauteur du chœur 17 m 18.

     La nef comprend 4 travées flanquées de collatéraux. Les trois premières du XIIe siècle constituent la partie la plus remarquable de l'église. La quatrième travée a été construite au XIIIe. Tous les arcs de la voûte sont brisés.

Le chœur comprend 2 travées droites flanquées de bas côtés prolongeant les collatéraux de la dernière travée de la nef. Les retombées entre ces deux travées sont supportées par une pile ronde. Cette ordonnance rappelle les travées alternées du premier art gothique.

Sur les collines qui dominent BURY au nord se trouvent d'anciennes carrières dites : "Carrières de MERARD", autrefois exploitées à ciel ouvert. Des comparaisons et examens semblent prouver que les carrières de MERARD contenaient les différentes qualités de pierre, roche ordinaire, grignard, pierre fine, etc... et que c'est avec la pierre extraite de ces carrières que fut édifiée l'église de BURY.

L'intérieur de l'église a été badigeonné à la chaux au moins 2 fois, sur le premier badigeon d'un ton ocre très soutenu, les joints réels des piliers et les joints fictifs sur les murs et les voûtes étaient peints d'un brun rouge qui s'alliait fort bien avec le fond. Enfin à plusieurs reprises l'église toute entière a été recouverte d'un enduit plus clair et plus épais sur lequel on peint les joints horizontaux et verticaux d'un seul trait de couleur blanche ce qui donne à l'intérieur de l'église la clarté et l'unité que nous admirons aujourd'hui.

Les fonts baptismaux forment une masse monolithique d'une pierre dure et grisâtre ; ils se composent d'une cuve ornée de volutes à pointes de diamants, de feuilles de chêne, de fougère et de vigne. L'exécution de ces fonts semble remonter à la seconde moitié du XIIe siècle et serait l'oeuvre d'un atelier de TOURNAI.

Le Tryptique de la passion : le très beau retable sculpté à plein bois que l'on pouvait admirer sur le mur occidental a fait l'objet d'un arrêté de classement le 17 juin 1901. La date de 1548 estampillée sur le sépulcre du Christ apporte une précieuse indication car il n'était pas d'usage de dater ces rétables. Les restes de ce rétable sont désormais exposés au musée départemental à BEAUVAIS.

Le peintre Nicolas Bertin, mort en 1736 après avoir dirigé l'Académie de France à Rome, avait fait don au père Pelletier, curéprieur de BURY de plusieurs tableaux datés de 1723, 1725, 1727. Ce sont de grandes compositions emphatiques et d'ailleurs fort altérées par l'humidité que l'on voit aujourd'hui sur les murs des croisillons. Ils représentent St Nicolas,le martyre de St Lucien, la vierge marchant sur le serpent, etc…

Le Beffroi, à un seul étage, contient trois cloches dont la plus ancienne date de 1663

La chapelle de St Claude fut fondée en 1527 par Claude de DURANT, Chevalier, seigneur de THURY SOUS CLERMONT d'abord, et ensuite de DURY SAINT CLAUDE.

L'origine du hameau de MERARD remonte également à la plus haute antiquité. Ce serait vers la fin du XIIIe siècle que l'on aurait vu un couvent sur les lieux. Ce couvent a été vendu comme bien de main morte à l'époque de la révolution de 1793. Les plans de MERARD qui existaient aux archives du département de l'Oise et qui portaient les dates de 1755 et 1758 nous montrent aussi la chapelle et une prison qui existaient sur un terrain voisin et n'étant séparées que par un mur. L'historien Graves ajoute que la chapelle est du XVe siècle. MERARD fut incendié en 1835 et reconstruit dans le courant des deux années suivantes.

A propos du blason de Mouy

Le 8 FEVRIER 1862 Le Maire de MOUY, Monsieur POUPET décide de "faire un règlement intérieur pour les séances du Conseil Municipal pour prévenir les inexactitudes qui se font remarquer dans l'heure des réunions". Une commission de quatre membres est nommée afin de rédiger le texte.

Le projet de règlement est soumis au Conseil Municipal le 9 AOÛT 1862 mais "après la lecture, un conseiller, membre de la commission, s'élève contre l'adoption de ce projet de règlement" et le Conseil Municipal "se sépare sans rien décider".

Le 14 AOUT 1862 "le règlement intérieur des assemblées du Conseil Municipal" est adopté.

Le texte comporte 10 articles. Les cinq premiers affirment le rôle prépondérant du Maire, Président des séances du Conseil Municipal. Il est à noter, qu'à cette époque, le Maire et les Adjoints ne sont pas élus mais nommés par l'empereur Napoléon III par l'intermédiaire des Préfets et des Sous-Préfets.

Les autres articles règlent le problème de l'inexactitude aux séances et de l'absentéisme par la distribution de jetons de présence. Chaque conseiller présent reçoit un jeton d'argent frappe "au frais et au coin du Conseil Municipal". Les Conseillers absents ou en retard sans motif grave "versent au fonds des jetons une somme de un franc pour absence totale et de cinquante centimes pour absence partielle". Chaque Conseiller doit verser vingt francs pour constituer "un fonds de jetons".

Ces jetons d'argent portent d'un côté les armes de la Ville de MOUY qui sont :

D'Argent à une roue d'engrenage de sable avec broche bobinée et navette d'or placées dessus en croix et chargée au centre d'une tête de bélier de sable encornée de gueules vue de face.

Et pour devise sur une banderole d'azur en pointe :

"Le travail ennoblit l'homme" 

Argent = blanc ou argenté 

Or =jaune ou doré 

Sable = noir 

gueules= rouge 

Azur =bleu

Sous une fenêtre de l'école de la rue Jules Ferry (construite en 1860-1865) il y a une reproduction de ce blason de MOUY

Qui a créé ces armes ? Qui a créé La devise ? Est-ce une création de 1862, ou y avait-il un blason de MOUY avant ? 

L'écu est surmonté de tours crénelées pour rappeler la présence du Château de MOUY. La roue d'engrenage, La broche, La navette, Le bélier et La devise montrent la prépondérance de l'activité industrielle et textile dans La ville.

La bibliothèque de MOUY possède La photocopie d'une page d'un ouvrage vraisemblablement écrit à La fin du XIXème siècle ; par qui ? C'est un mystère actuellement. Ce texte est une critique de la composition du blason et propose un autre blason plus conforme aux lois héraldiques.

Voici ce texte

MOUY possède des armes, un écu, un blason dont la création ne doit pas remonter a une bien haute antiquité, car sa composition prête à la critique suivante

1 ° Les attributs des meubles dont Superposés, ce qui est sans exempte, excepté pour du pièces brochantes et dans des cas précis. 

2 ° Les métaux sont sur métaux, ce qui est un barbarisme Une des premières règles du blason en ceci est : "Métaux sur couleurs et couleurs sur métaux".

3° Le blason ne comporte que deux métaux : l'Or et l'Argent.

4° La devise, ou "cri " ne doit jamais figurer sur l' écu, mais sur une banderole.

5 ° La couronne murale doit s' appuyer sur l' écu et non pas être en l' air et sans soutien.


Un blason doit se lire couramment ; pour cela, il faudrait que l' écu soit divisé en quatre cantons, de manière à faire un écartelé et dans chaque quartier pour un des quatre meubles.

Conserver la couronne murale puisque MOUY fut au Moyen Age une forteresse mais la poser appuyée sur l' écu. enfin, faire flotter en dessous la banderole où le cri sera inscrit.

Dans ces conditions, cela est correct et se lit ainsi :
L' écu de MOUY est écartelé d'azur en chef à sénestre meublé d'un fuseau d'Or; d' argent en chef à dextre meublé d'une navette de gueules; d'argent en pointe à senestre meublé d'une tête de bélier nature a cornes de gueules ; et d' azur en pointe à dextre meublé d'un engrenage d' or, timbré de quatre tours reliées, et accolé en pointe d'une banderole flottante simple, portant le cri : "Le Travail ennoblit l'Homme".

Pour qui sait lire la langue héraldique, cette description suffit pour construire un écu strictement "orthodoxe"


Écartelé = en quatre parties
Azur = bleu
En chef = en haut
A senestre = à gauche
Dextre = à droite
Gueules = rouge

Dans les années 1890, MOUY adopte le blason en quatre parties tel qu'il est décrit ci-dessus. Puis, au début du XXème siècle, en 1908 - 1910, les documents municipaux sont indifféremment marqués par l'un des trois blasons suivants :Le premier est en quatre parties, le second est semblable à celui décrit en 1862 mais avec deux corrections : les tours sont rattachées à l'écu et la devise n'est plus sur l'écu mais sur une banderole (le blason de la rue Jules Ferry n'a pas ces corrections). Le troisième blason est entouré d'une décoration supplémentaire de feuilles de chêne et de laurier. 

Cette décoration est semblable à celle du blason d'HIRSON retrouvé dans un dossier des archives municipales parmi des papiers datés de 1908. Pourquoi cette ressemblance ? Est-ce L'œuvre d'un spécialiste des papiers à en-tête ?

 

 

 

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