HISTOIRE DU PAIN DANS LE CANTON DE MOUY

Le Grain de Blé

Regardons un champ de blé avant la moisson. Chaque épi porte au moins 45, parfois 50 et même 60 grains de blé. Sa taille est d'environ 6 mm. Si la terre est bonne et qu'il a pu être nourri, il est rempli, large et sa surface est bien lisse. S'il a souffert au contraire, du manque d'eau, ou de la pauvreté du sol, il est ridé et maigre. On dit qu'il a été "chaud".

Si nous essayons de détacher la partie la plus extérieure, comme on décortiquerait une châtaigne cela s'avère impossible, même avec un canif. C'est seulement en écrasant le grain que nous pouvons en découvrir le cœur, composé de l'amande encore appelé albumen, plus tendre et plus friable et du germe.

Le grain de blé n'est donc pas une simple graine. II se compose de trois parties essentielles

 1) Les enveloppes qui protègent la graine et qui, avec l'assise protique, donneront le son, après le travail du meunier.

 2) Le germe qui donnera naissance à d'autres blés, si au lieu d'être livré au moulin, le grain est semé en vue d'une prochaine récolte.

 3) L'amande constituée d'un ensemble de cellules renfermant les grains d'amidon, réunis, entre eux par une sorte de ciment naturel, le gluten. C'est l'amande qui donnera la farine.

Composition du grain de blé
Amande farineuse : 81 88 %
Enveloppes : 14 15 %
Germe : 2,5 3 %

 

LE BLÉ : est une plante qui vit et se nourrit, meurt, mais se reproduit. Comme tout ce qui est vivant dans la nature, elle peut vivre parce qu'elle est constituée d'un certain nombre de matières de base nécessaires à la vie et à la reproduction. Elle peut nous faire vivre pour que nous assimilions ces matières de base, dans notre propre corps, notre propre organisme.


Le nom de blé désigne les espèces du genre "triticum" de la famille des graminées, chaque espèce comprend de nombreuses variétés.


 Deux espèces sont presque exclusivement cultivées dans le monde
 • Les blés durs qu'utilise la semoulerie.
 • Les blés tendres qu'utilise la meunerie.


Nécessité d'un climat chaud et sec pour les blés durs.
Plus rustiques les blés tendres s'accommodent des zones tempérées avec leurs variations climatiques excessives parfois.

La production mondiale de blé est de 454 millions de tonnes :


- ASIE : 137
- URSS : 90
- AMÉRIQUE DU NORD :102
- EUROPE : 90
- AUSTRALIE: 15
- AMÉRIQUE DU SUD : 12
- AFRIQUE : 8


 La FRANCE produit environ 23 millions de tonnes, sa production est sensiblement égale à celle du CANADA.

 Les emblavures de blé tendre de France représentent
 • 4 585 000 hectares - le rendement est de 5,2 tonnes à l'hectare.


 Nous exportons 7 millions de tonnes de blé tendre.

 A -16° -18° le blé gèle, à -10° il risque déjà d'être atteint.

 Le problème de la conservation des grains est très délicat. Pour moissonner il faut attendre que les grains soient parfaitement mûrs et secs. Leur taux d'humidité ne doit pas dépasser 14% du poids du grain.

La Coopérative Agricole de Mouy

Elle est née le 17 Juillet 1934 à Cires-les-Mello, pour faire face à la grave crise agricole de l'époque. Elle a démarré modestement avec 33 adhérents et une collecte de 8000 quintaux.

La direction en est confiée à Monsieur Depersin et le Président est Monsieur Bailly, agriculteur à Cires-les Mello.

En 1939, la Coopérative "fait 19.000" quintaux, et il y a des projets de construction, mais la guerre va tout bouleverser et c'est en 1946 que la Coopérative va reprendre son essor. Monsieur Bailly n'est plus cultivateur et Monsieur Dubois prend le relais.

En quelques années, la Coopérative bâtit le magasin de Cires, puis le premier silo de Mouy, mis en service en 1952 d'une capacité de 13.000 quintaux. A cette époque les 135 adhérents livrent déjà annuellement à la Coopérative 38.000 quintaux...

Les agrandissements se succéderont tous les cinq ans par des doublements successifs. En 1965, la Coopérative rachète sous la direction de Monsieur Devé l'usine de chaussures Cléo.

Actuellement la capacité de stockage théorique est de 240.000 quintaux pour une collecte qui fut en 1984 de 315.000 quintaux, toutes céréales confondues.

Les hommes aussi changent. 1960 Monsieur Dubois quitte la Présidence qu'il exerçait depuis 1946. De 1960 à 1978, c'est Monsieur Marchand, agriculteur à Heilles, qui laissera la Présidence ensuite à Monsieur Lacoudre, agriculteur à Ars, jusqu'en 1982.
Entre 1982 et 1990, c'est Monsieur Cabordel qui assure la Présidence, et la Direction.


 En 1991 avec 75 adhérents la collecte fut de :


- 190.000 quintaux de blé.
-   48.000 quintaux d'orge.
-   10.000 quintaux de colza.
-   40.000 quintaux de pois.
-   35.000 quintaux de maïs.
-     3.000 quintaux de tournesol.
-       .500 quintaux d'avoine.


Maintenant la Coopérative de Mouy est intégrée dans l'Union des Coopératives Agricoles Céréalières (U.C.A.C.) qui regroupe Clermont, Avrigny et Mouy.

Les Moulins à travers les âges

Depuis l'antiquité, il apparut nécessaire d'écraser le blé. On utilisa le mortier et le pilon, puis les moulins de villages dont la pierre était actionnée à bras ou par des animaux.

Vinrent ensuite les moulins à eau utilisant la force hydraulique par l'intermédiaire de grandes roues à aube ou à augets, selon la topographie des lieux.

Les roues à aube (ailettes) recevaient la pression de l'eau en dessous, alors que les roues a augets étaient alimentées par le dessus. Le moulin de MOUY fonctionnait avec une roue à aube.

Les moulins à vent voient le jour dès le VIIe siècle, ils se trouvaient en plaine au sommet de légères collines. Un bon vent était celui qui soufflait entre 6 et 8 mètres secondes.

Petit à petit sont arrivés les appareils à cylindres remplaçant les meules de silex et de quartz, beaucoup plus performants mais d'installations artisanales dans des locaux très souvent exigus.

Les roues à eau laissèrent dans bien des cas la place aux turbines, installées couramment sur des conduites forcées : la pression exercée par l'eau était si élevée que la puissance, ainsi recueillie n'avait plus rien à voir avec la vieille roue poussée par la rivière, l'eau pouvait atteindre une vitesse de plus de cent kilomètres à l'heure selon le type d'installation.

Des moulins à cylindre plus importants se sont multipliés. Les minoteries, véritables usines à farine, traitent des centaines de quintaux de blé par jour, employant la force hydraulique mais aussi les moteurs diesel ou électriques.

POUR MOUDRE LE BLÉ

 

les premiers hommes écrasaient les grains de céréales entre une pierre plate et une autre pierre tenue à la main dont ils se servaient soit comme d'un, pilon, soit comme d'un rouleau (a). Les Hébreux et les Égyptiens (2000 ans avant J.- C.) broyaient le grain entre une pierre inférieure fixe et concave et une pierre convexe, actionnée avec la main. Le grain broyé était débarrassé du son par tri manuel ou par tamisage. A Rome (500 ans avant J- C.), puis en Gaule (50 ans avant J-C.), la mouture était réalisée entre une meule conique fixe et une meule mobile qui la surmontait (b). Cette dernière était formée de deux troncs de cône accolés par leurs parties étroites et mise en mouvement d'abord par des esclaves, ensuite par des chevaux. Dès l'époque romaine, les meules furent circulaires et plates (c). La meule supérieure était mise en rotation par des moulins à eau puis par des moulins à vent au Moyen Age lorsque les Croisés en rapportèrent l'idée d'Orient. La farine était tamisée par le « tamisier » sur une toile appelée « canevas ». En 1885, la meunerie abandonnait les meules pour utiliser les appareils à cylindres mus mécaniquement (d). Les grains sont broyés en passant entre deux cylindres cannelés tournant en sens inverse, à des vitesses différentes. Les grosses particules de farine sont réduites en fine farine en passant entre des cylindres lisses. Les sons sont éliminés par des tamisages successifs.
 

Les Moulins
du Canton de Mouy en 1838

GRAVES, dans son précis statistique du Canton de MOUY en 1838 écrit ce qui suit :

0n ne trouve, dans l'étendue du canton que deux moulins à vent situés sur le territoire de CAMBRONNE ; l'un près de ce village et l'autre à la ferme d'ARS.
On évalue à 650 hectolitres la quantité de blé, seigle, orge, manutentionnée chaque année par ces deux usines.
Le nombre des moulins à eau est de neuf, savoir : sur le Thérain le moulin de l'Isle à HEILLES, un à ST FELIX, un à HONDAINVILLE, qui dés le 16ème siècle, était moulin à foulon et qui est aujourd'hui à foulon et à grains, un à MOUY, deux à BURY (dont un sur le fossé Lévèque) ; sur le ruisseau de Lombardie, deux à THURY ; sur le fossé de la fontaine Tirancourt, un moulin anglais établi en 1833 à NEUILLY marchant 4 à 5 hectolitres seulement par jour.

On évalue à 6250 hectolitres la quantité des grains convertis en farine par ces neuf moulins, ce qui réuni au produit des moulins à vent porté à 7000 hectolitres environ la somme des céréales manutentionnées dans le pays.

L'un des moulins de CAMBRONNE préparait de l'huile au commencement du siècle.

 

LE MOULIN

L'eau coule:

C'est comme une chair en joie,

Comme un corps long et souple

Qui s'étire au soleil

Et, quand le moindre souffle

Soudain s'éveille,

Il court sur elle un frisselis de soie.

L'eau coule ;

Aux écluses elle s'écroule,

Et sa voix

Semble celle du vent qui traverse les bois ;

Les berges lui tendent des fleurs,

Qu'elle arrache parfois

De son geste frôleur

Et,  dans un clapotis qui ne s'irrite point,

Elle accourt, elle pousse La roue,

Qui soulève à chaque tour

Des perles à pleins poings !

L'eau coule ;

Le moulin tourne.

Un ronron ininterrompu

Emplit la bâtisse de pierre ;

Le froment s'engouffre aux trémies,

Devient son, farine, poussière ; 

 

Le pauvre grain s'écrase aux cylindres têtus,

Comme entre d'énormes molaires ;

Le moulin tout entier frémit

C'est comme un ventre bien repu

Et qui digère.

L'eau monte.

Allons, meunier, il faut d'une main prompte

Régler le flot ;

Un bruit de foule accourt et gronde ;

Les outres ont crevé là-haut.

L'eau monte ;

La rivière est comme un boa,

Qui se gonfle

Et tout à coup, vertes et jaunes, ses écailles
Éclatent : -

Immense et plate,

L'eau s'épand

A travers champs.

Meunier, la vague approche,

Il faut ouvrir les vannes,

Arrêter le moulin qui s'affole,

Suant par tous ses pores,

Et dont la fièvre emporte les organes.

Trop tard, meunier, trop tard !

PhiléasLEBESGUE
 1869-1958
  


Meunier et moulins à vent
(introduits en France par les croisés vers l'an 1040)

Le meunier vit avec le vent, il le connaît aussi bien que le marin, plusieurs fois par jour il observe le ciel afin de savoir s'il doit changer son orientation. C'est-à-dire que les ailes doivent toujours être placées en croix face au vent, si non une bourrasque est capable de déstabiliser le moulin et alors le pire peut arriver...

Savez-vous que dans le vieux temps, le meunier devait payer une taxe sur le vent ! Jadis, le vent était avec l'eau la seule force motrice. Dès qu'il soufflait, le moulin tournait. Il tournait jour et nuit mais on était plus tranquille pour battre le soir et la nuit. Les toiles jouaient un grand rôle. Au repos elles sont roulées sur les ailes. Dès qu'il fallait moudre, elles étaient complètement tendues, et on les raccourcissait par vent trop fort. Dans le moulin, pour travailler, l'éclairage se faisait par des lampes à huile, puis des lampes pigeons.

Le travail passait toujours avant les fêtes, et c'était en général vingt heures par jour au moulin.

Sur 100 kilos de grain, on retirait 70 kg de farine et 30 kg de déchets  : le rebuter ou farine basse.

Le meunier retamisait toujours la farine basse afin de récupérer encore un peu de bonne farine. II restait le son, c'est-à-dire la petite écorce qui entoure le grain, et dans celui-ci il y a le "rebuter".

Le meunier n'était jamais bien riche. D'abord, il ne gagnait pas beaucoup :
cinq centimes par kilo de blé, un demi-sous par kilo de mouture, un franc 50 pour aplatir l'orge. Et tout ce qu'il gagnait servait à entretenir, à réparer le moulin. II fallait être très riche pour construire un moulin. Actuellement, cela coûterait à peu près trois millions de nouveaux francs. Seuls les seigneurs, et les riches fermiers pouvaient faire construire un moulin. Quand un moulin était commandé on payait au charpentier. Dès la commande, un tiers du prix pour acheter le bois, puis un tiers quand le toit était posé sur le moulin. Le troisième était versé quand les ailes commençaient à tourner. Les pièces essentielles du moulin sont les meules actionnées par les ailes. Il y a deux paires de meules dans le moulin, une paire de meules pour le blé, et une paire pour les céréales secondaires.

Une meule est fixe, celle du haut tourne. Mais celles-ci demandent un entretien régulier. Il fallait les rhabiller. La plupart des meules venaient de Champagne. Le principal centre de fabrication était la Ferté sous Jouarre. Bloc monolithe à l'origine, il n'était pas facile de les transporter.

Au XIXème siècle, on adopta le système anglais qui permettait de reconstituer les meules à partir de plusieurs morceaux que le forgeron cerclait de fer rouge qui en refroidissant enserrait la pierre. Après le cerclage les sillons étaient creusés à l'aide du marteau.

La qualité de la farine dépendait de l'état des meules. Plusieurs fois par an, il fallait donc les rhabiller quand elles devenaient lisses, c'est-à-dire tous les mois. Il faut savoir que les paires de meules ne se touchent pas. C'est avec la pression que le grain éclate. Les rayons creusés donnaient l'air pour que les meules ne chauffent pas. Il fallait deux jours pour rhabiller une meule. Pour ne pas perdre de temps, cela on le faisait les jours sans vent, quand le moulin ne tournait pas. Une meule durait un demi-siècle.

Dans chaque moulin il y avait un aplatisseur, rouleau actionné aussi par le vent. II sert à aplatir l'orge et l'avoine. Il y a également le nettoyeur, qui était constitué d'un ventilateur qui soufflait dans un grand tamis ou était versé le sac de blé.

Pour lutter contre rats et souris qui tendaient à piller les moulins, le meunier prévoyant hébergeait un chat. Mais il laissait les araignées libres de tisser leurs toiles, toiles qui s'ornaient rapidement de farine.

La Meunerie

La meunerie est une industrie de transformation qui assure seule la liaison entre les producteurs de blé et les utilisateurs de farine.

 

Elle n'élabore qu'un seul produit, la farine.
Les meuniers ont le libre choix des blés mis en œuvre du matériel utilisé, du taux d'extraction de la farine.
 

Il existe 1384 moulins en activité qui se classent en trois catégories.
 - 946 petits moulins (jusqu'à 2000 tonnes de contingent).
 - 422 moulins moyens (de 2001 à 50 000 tonnes).
 - 16 grands moulins (plus de 50 000 tonnes).
La meunerie travaille avec 11 000 personnes.
650 cadres, 750 agents de maîtrise, 1600 employés, 8000 ouvriers.
La meunerie écrase 6,5 millions de tonnes de blé par an.
 

Elle produit : 4,8 millions de tonnes de farine. 1,4 million de tonnes est exportée.

Et il reste 1,3 million de tonnes d'issues.

Le Moulin de MOUY ( Oise )

Le Moulin fut construit au 17e siècle et plusieurs propriétaires s'y succédèrent jusqu'en 1918, date à laquelle Edmond Deloingce, meunier à Ully-St-Georges en pris possession.


En 1932, Aimé Deloingce succède à son père et avec l'appui technique des Ets Schneider et Jacquet il entreprend de transformer le moulin par l'achat de nouveaux matériels. II amène le débit à 180 quintaux en 24 heures.

En 1971, par des transformations faites par Claude Deloingce, le petit fils, le moulin est en mesure d'écraser 540 quintaux en 24 heures. Des chambres à farine sont aménagées pour la livraison de la farine en vrac.

Ce moulin est le 4e moulin dans l'ordre d'importance d'écrasement du Département de l'Oise. II est pourvu contingent de 99 145 quintaux par an et écrase en moyenne 43, 8 t/24h soit 1,8 t/h. Les blés régionaux de qualité irrégulière selon les années ne représentent que 20 % des approvisionnements du Moulin. Les 80 % restant sont achetés dans le Loiret, et surtout l'Eure et Loir.

Les variétés les plus utilisées sont le " Soissons", le "Récital" et le "Baroudeur" .

Le stockage est fait dans des cellules en bois de 5000 quintaux, soit une autonomie de 9 jours en marchant à plein régime.

Le moulin fonctionne avec 3 moteurs électriques principaux (45 kW, 1 1 kW, 7, 5 kW) qui consomment annuellement 444.085 kWh.

La clientèle du Moulin se situe dans un rayon de 110 kilomètres environ. 70 % des produits sont destinés aux boulangeries artisanales et 30 % à la boulangerie industrielle. Quatre camions assurent la distribution dont 7 5 % en vrac et 2 5 % en sac.

La Farine

Le grain de blé est constitué de deux parties : une écorce, le son, et une partie autre l'amande qui est transformée en farine par le broyage.

Pour 100 kg de blé, la quantité moyenne de farine que l'on cherche le plus souvent à obtenir est de 75 kg. Il y a 2 % de perte, les 23 kg restants forment les issues ( son, recoupette et remoulage ).

C'est avec cette sorte de farine que l'on fait le pain blanc.

Si l'on extrait 92 à 96 kg de farine pour 100 kg de blé, cette farine est utilisée pour faire le pain complet .

 

L'Histoire du Pain

L'histoire du pain, c'est une grande partie de l'histoire des hommes, la plus simple peut être, celle de leur vie quotidienne et de leur alimentation.

Au début du Néolithique, l'homme parait s'être nourri de céréales crues puis grillées ou cuites sous forme de décoctions et de bouillies à partir de grains broyés, ni décortiqués, ni nettoyés.

Les hébreux découvrirent, tout à fait par hasard, qu'en abandonnant un peu de pâte et en l'utilisant quelques heures plus tard, on obtenait des galettes très légères, bien meilleures au goût et qui gonflaient à la cuisson. Le pain levé plus tard appelé pain au levain était né.

La deuxième grande découverte fut le four inventé cette fois par les grecs. On avait coutume auparavant de cuire la pâte au contact de pierres plates ou de moules d'argile ou de métal préalablement chauffés ou posés directement sur la cendre.

Sous le règne d'Auguste, trente ans avant Jésus-Christ on comptait à Rome 329 boulangeries, toutes tenues par des Grecs.

Les Romains en conquérant la Gaule, firent construire nos premiers fours en même temps que nos premiers moulins.

Ce n'est que vers 1230 sous le règne de St-louis, que la boulangerie devint véritablement une petite industrie.

Dans les provinces la fabrication du pain restera très longtemps familiale.

Le pain était vendu à I' unité. Le prix de l'unité était fixé, mais son volume variait selon que le blé était plus ou moins cher. Ce n'est qu'au début du XIVe siècle que l'on se mit à peser le pain et à le vendre au poids.

Un boulanger du temps jadis.

On l'appelait "talemelier" ou encore "boulanger" parce qu'il fabriquait des pains en boule, celui qui attirait tous les passants, par la bonne odeur qui sortait de son four. Sa boutique rudimentaire était un lieu où l'on venait causer bien volontiers en achetant sa ration quotidienne.

L'accès au fournil était réservé à lui-même et à ses aides. On y voyait de gros sacs de farine, un ou deux grands pétrins de bois, et surtout le four circulaire ou ovale dont la sole, que l'on appelait encore l'âtre était faîte en terre de potier ou en brique tendre. Pour le chauffer, il enfournait son bois, le laissant se consommer jusqu'au bout, puis retirait les cendres et nettoyait jusqu'à ce que la sole chaude ou devait cuire le pain soit tout à fait propre.

En même temps que chauffait le four, il préparait sa pâte, qu'il brassait à la main dans le pétrin de bois, ou au pied s'il avait besoin d'une pâte plus dure pour le pain brisé par exemple. On voit encore sur d'anciennes gravures, le boulanger chaussé de sacs pour pétrir avec ses pieds.

On dit qu'il perdait jusqu'à 350 g de sueur pour chaque pétrissage qui durait environ une demi-heure.

Quand la pâte n'attachait plus à ses mains, il pouvait la laisser reposer pour qu'elle gonfle avant de la séparer en petits pâtons qu'il tournait à la forme du pain qu'il veut obtenir.

Un nouveau repos des pâtons, plus long que le précédent, leur laissait le temps de gonfler encore, de s'apprêter pour l'enfournement et la cuisson.

La Boulangerie

Il existe 38 421 boulangeries, ou boulangeries traditionnelles. Certaines d'entre elles approvisionnent en outre 6000 points de vente répartis surtout dans les zones de faible peuplement ou l'exploitation d'un fonds de boulangerie n'est pas rentable.

Les entreprises industrielles de boulangerie assurent essentiellement la fabrication de pains spéciaux.

Dans une production annuelle située autour de 3 400 000 tonnes de pain, la boulangerie artisanale en fabrique 93 %. Pour cela elle emploie 92 000 salariés : 42 000 ouvriers boulangers, 26 000 vendeurs, 10 000 ouvriers pâtissiers, 14 000 apprentis.

Le chiffre d'affaires est de 28 milliards de F dont 55 % en panification et 30 % en pâtisserie, la part de l'exportation est minime.

Depuis plusieurs années, les grandes surfaces voient leurs ventes de pain augmenter de 15 à 18 % par an, d'où la fermeture chaque année de 300 boulangeries.

 

Retour au Menu * Page suivante

 

copyright_sceau
00045569

Copyright © Mauricette PREVOT (2009) Free counter and web stats