

Étang de Saint-Félix Oise - ( Hiver
et Été )
Dans les villes, les besoins sont
considérables et leur développement est
lié au système d'amenée et d'évacuation
des eaux.
Aux Indes, il y a 5000 ans déjà, une
ville disposait d'adduction d'eau.
En Syrie au IIIe millénaire avant
Jésus-Christ la ville de Mari avait
l'eau courante et le tout à l'égout.
Plus près de nous les Romains étaient
réputés pour leurs grandes réalisations
dans ce domaine et nous pouvons encore
admirer "Le Pont du Gard" reste d'un
aqueduc destiné à l'alimentation de
Nîmes.
Du temps des Gaulois, les immenses
forêts qui couvraient le sol en
conservant l'eau du ciel donnaient à
notre pays une nappe phréatique qui
semblait inépuisable.
Au cœur du Massif Central le plus
important gisement d'eau minérale du
monde, l'Auvergne dispose d'un parc de
sources aussi diverses que
prestigieuses.
L'alimentation en eau a été très
longtemps une hantise. Tout au long du
XIXe siècle, comme dans les siècles
antérieurs les habitants ont économisé
l'eau.
Le canton de Mouy appartenant presque
tout entier au Bassin du Thérain,
Hermant, auteur d'une histoire
manuscrite du Beauvaisis rédigée sous le
règne de Louis XIV, rapporte que Mouy
n'était autrefois qu'un petit village,
mais que la commodité des eaux
avantageuses au lavage des laines,
auquel les habitants se sont appliqués
pour façonner des serges, en a fait un
bourg fort peuplé.
Notre rivière : Le Thérain
Elle prend sa source à Saint Pierre
les Nonnettes, au Nord Ouest de
Grumesnil (Seine Maritime) à une
altitude de 185 mètres; après un
parcours de 3 kilomètres, elle pénètre
dans notre département sur le territoire
de la commune de Canny sur Thérain. Elle
arrose notamment Songeons, Milly sur
Thérain, Beauvais, Rochy Condé, Hermes,
Heilles, SaintFélix, Hondainville, Mouy,
Bury, Balagny sur Thérain, Cires les
Mello, Montataire et se jette dans
l'Oise sur le territoire de Saint Leu d'Esserent.
Longueur de son parcours ; 90
kilomètres. Le Therinet est un affluent
de sa rive gauche de 20 km. L'avelon est
un affluent de sa rive droite de 22 km.
Entre sa source au sommet du château
d'eau de Bray et son confluent avec
l'Oise, la vallée du Thérain constitue
bien plus que celle de l'Oise, l'épine
dorsale du territoire Bellovaque.
L'attirance des populations antiques
et médiévales pour les vallées au
détriment des plateaux est nettement
affirmée dans le terroir du Beauvaisis
et il est difficile d'y voir autre chose
que le besoin en eau.
Le thérain fut utilisé par la navigation
à l'époque romaine jusqu'à
l'établissement des moulins à grains sur
ses bords au cours du haut Moyen Age.
L'hydrographie du Canton de Mouy selon
Graves en 1835
La petite rivière de Thérain ( Thara ),
courant du Nord Ouest au Sud Est,
pénètre par la limite occidentale, au
lieu dit le moulin de l'Isle, où son lit
a été élargi pour l'usage de diverses
usines. Elle coule entre les territoires
de Heilles et de Saint Félix, de
Hondainville et de Mouy, de Mouy et de
Bury,, après avoir quitté Mouy, elle
forme la limite méridionale du canton,
vers l'arrondissement de Senlis. On
remarque au midi du moulin de Saint
Félix une anastomose sinueuse et
circulaire qui a quatre cents mètres
environ de diamètre. Plusieurs canaux ou
dérivés ont été ouverts sur la berge
droite à Mouy, en premier lieu pour la
défense de l'ancien château, et ensuite
pour le service des manufactures. Un
canal, nommé le Fossé Lévêque, ayant
plus de deux mille mètres de longueur, a
été pratiqué sur la rive gauche entre
les marais et le bourg de Bury. Le
Thérain atteint la limite du canton au
point de jonction des communes de Cires
les Mello et de Mello, arrondissement de
Senlis.
La largeur de cette rivière varie entre
dix et quinze mètres; elle est de
quarante cinq à Mouy même, mais cette
dimension a été déterminée par des
ouvrages d'art.
Son cours, retardé par de nombreuses
circonvolutions, est assez lent, et sa
longueur totale forme une ligne
d'environ quatorze mille trois cent
vingt cinq mètres; mesurée à vol
d'oiseau, elle n'est plus que de dix
mille sept cent cinquante mètres.
Le Thérain a trois affluents sur sa rive
droite.
Un ruisseau, sortant des étangs de
Mouchy le Châtel, traverse le village d'Heilles
et rejoint la rivière près du Moulin de
l'Isle.
Le ru de Marolles prenant naissance à
Bruiles, passe à Saint Jean des Viviers,
pour se réunir dans les prairies de Mouy
au Fossé d'Arêt, celui ci est un
ruisseau dont le cours a été rectifié de
main d'homme et qui s'écoule dans le
même sens que la rivière jusqu'au près
de Mouy; des canaux d'égout en assez
gond nombre s'ouvrent dans le Fossé
d'Arêt.
Un petit filet d'eau qui descend du
vallon de Janville, passe à l'extrémité
de la rue Fourneaux de Mouy, d'où il se
dirige vers le Thérain.
Les affluents sont plus nombreux sur
la rive gauche; on y trouve :
1 °) Le ruisseau de But, sur la limite
occidentale de Saint Félix, il a sa
source dans le canton de Noailles.
2°) Le ru de la Maladrerie, naissant
dans les bois près de la forêt de Hez,
passant à l'ouest de Saint Félix, pour
se réunir au Thérain, au lieu dit la
Fosse à Carpe.
3°) Un petit filet d'eau qui sort du
marais de Bray, au sud est de Saint
Félix, et qui coule vers le ruisseau de
Lombardie.
4°) Le ru de Fontenil naissant aussi
dans les marais de Saint Félix, il
rejoint le Thérain au dessous du moulin.
5°) Le ruisseau de Lombardie, prenant
naissance dans le vallon de Thury sous
Clermont, et recevant au-dessous du
château, le ruisseau des Taillis qui
vient de la fontaine Bergère à l'est de
Filerval; il descend ensuite vers la
vallée du Thérain, en passant près de
Butteaux puis dans les fossés de
l'ancien château d'Hondainville; son
cours est à peu près d'une lieue.
6°) Le ru d'Ansacq ou de Mérard; il naît
de deux sources, l'une placée au marais
du Val, entre Ansacq et le Plessier
Billebaut, dans le vallon nommé le
Foulandre; l'autre, située à la Fontaine
Loget, au dessous de Brivois, dans le
vallon de Valicourt; ce dernier filet
d'eau, qu'on appelle ru de Brivois, se
réunit à l'autre entre Mérard et
Boisicourt après avoir traversé Moineau,
le ru d'Ansacq se perd dans le Thérain.
Sa longueur totale dépasse une lieue.
7°) Le ru du Val, prenant naissance au
lieu dit le fond du Val; il traverse la
principale rue de Bury et se jette dans
le Fossé Lévêque.
8°) Un petit ruisseau, coulant de la
Fontaine Saint Fiacre, située à Bury
dans la rue des Prêtres, et se
réunissant aussi au Fossé Lévêque.
9°) Un autre filet venant de la fontaine
de l'Orme, au carrefour de la rue du
Prince dans Bury même, se réunissant
comme les précédents au Fossé Lévéque.
10°) Le ruisseau de la Cavée des Vaches,
passant à Dury Saint Claude, où il
alimente un abreuvoir; ses eaux sont
détournées par un aqueduc vers une
propriété particulière.
11 °) Le ruisseau de la Fontaine Bosat
qui rejoint le précédent,
12°) Le ruisseau de Dury, qui a sa
source dans le Val du haut, d'où il
s'écoule vers le Thérain ; considérable
il y a cent ans, il est maintenant très
faible,
13°) Le ruisseau de Flandre, dans le
vallon de ce nom, ayant une source à
Rousseloy, et une autre au lieu dit le
fond des Patis; il rejoint la rivière du
Thérain, hors des limites du canton.
Tous ces ruisseaux viennent au jour
dans les sables inférieurs du calcaire
grossier : la quantité de leurs eaux est
extrêmement variable ; plusieurs
tarissent en été.
Les pentes formant la partie la plus
orientale du canton, se rattachent au
bassin de la petite rivière de Brèche
qui est, comme le Thérain, un des
affluents de l'Oise. La Brèche elle-même
n'entre point dans le canton de Mouy,
mais deux petits cours d'eau prenant
naissance dans les sables du calcaire
grossier, s'écoulent à l'est vers le lit
de cette rivière.
L'un est le ruisseau de la Fontaine
Titancourt, qui traverse le village de
Neuilly sous Clermont.
Le second sort de la Fontaine de
Cambronne, et passe à Vaux, d'où il se
dirige vers les prairies marécageuses de
la vallée de Brèche.
La pente générale de la vallée du
Thérain, depuis Saint Félix jusqu'à la
limite du canton de Creil, est de quatre
mètres,
L'Eau qui travaille : Les Moulins
Moulin de Mouy
La vallée du Thérain où se localise la
force hydraulique attirera moulins et
usines.
La valeur de la rivière du Thérain comme
productrice de houille verte repose
avant tout sur la constance de son
débit, mais cette qualité ne rachète ni
la modestie de son volume, ni la
faiblesse de sa pente. Le Thérain qui
draine une étendue de 125.000 hectares a
un débit de 4.800 litres par seconde.
L'absence de grand relief favorise la
douceur de sa pente 1 m 72 par
kilomètre. Grâce à sa facilité et à son
égalité d'humeur on peut utiliser l'eau
du Thérain à peu de frais. L'homme
s'établit sur la rivière même, il
construit un simple barrage pour ménager
une chute d'eau. Rien à craindre des
crues, la manœuvre des vannes suffit à
faire écouler les eaux. De là une petite
force motrice à la portée des petits
capitaux.
Au cours des guerres les moulin à eau
avaient un rôle stratégique. L'ennemi
cherchait à les détruire pour affamer
les populations.
Le moulin est bâti avec les mêmes
matériaux que ceux de la ferme.
Généralement les aubes sont protégées
des intempéries par un auvent de
planches. Deux sortes de roues
coexistent. Les roues par en dessous
avec pales, utilisent la poussée de
l'eau. Quant aux roues à auget l'eau qui
y tombe actionne directement la meule
tournante. Une vanne règle le mouvement.
Des engrenages multiplient la vitesse.
En 1777 un plan indique 7 chutes d'eau
(cercles) qui étaient la propriété des
anciens seigneurs de Mouy qui s'en
servaient comme moulins à farine.
Nous en avons eu confirmation le 3
Janvier 1793.
La dame Marie Geneviève Mercier, veuve
Horoy, meunière à Mouy, a déclaré que
par acte passé devant Maître BRO notaire
à Paris, le 20 Juillet 1777, Monseigneur
Joseph François Bourbon Conti lui a
donné à titre de bail à Cens les Moulins
de Mouy, moyennant une rente annuelle et
perpétuelle, exempte de retenue de cinq
mille livres, deux septiers de blé et
six chapons.
La dame Horoy, fut reconnue
propriétaire, et ces moulins à farine
devinrent bientôt des filatures à laine
agissant par le procédé de l'immortel
Jacquard.
La demande croissante de force motrice
fera naître des litiges, des usiniers
rehaussant le déversoir pour gagner de
la force.
Le régime des eaux de la rivière le
Thérain dans la retenue qui met en
mouvement les usines de Mouy a été réglé
par une ordonnance royale du 25 Février
1835. Les litiges subsisteront jusqu'à
nos jours entre les riverains en amont
et les usiniers.

En 1830, neuf moulins à grains
convertissent du grain en farine :
1°) Le moulin de l'Isle à Heilles
2°) Le moulin de Saint Félix
3°) Le moulin d'Hondainville
4°) Le moulin de Mouy
5°) Deux moulins à Bury dont un sur
le Fossé Lévèque
6°) Deux moulins à Thury sur le
ruisseau de Lombardie
7°) Un moulin à Neuilly sous
Clermont sur le ruisseau de la
Fontaine Titancourt.
L'eau qui transporte.
A partir de 1604 Henri IV voulait faire
creuser un canal de navigation de Dieppe
à Paris, Le projet fut repris en 1778,
1791, 1802.
Le tracé déterminé en 1791 soulèvera
quelques objections de la commune de
Mouy, désireuse de la réalisation du
plan, mais toutefois avec une légère
modification.
L'an mil sept cent quatre vingt douze,
le 10 Mai en l'Assemblée de la
Municipalité de Mouy, tenue
extraordinairement, considérant les
avantages que ce canal ne peut manquer
de produire tant à Mouy qu'aux lieux
circonvoisins, tels notamment pour Mouy,
que l'exportation plus prompte et plus
facile des serges et autres marchandises
de ce genre qui se fabriquent en très
grande quantité à Mouy; l'importation
plus facile des matières indépendamment
des avantages qui résulteraient pour les
branches de commerce et des
établissements qui pourraient en être la
suite pour les lieux circonvoisins :
l'exportation des bois de la forêt de
Hez, les pierres de Mérard et Rousseloy,
etc .
Considérant encore que l'ouverture de ce
canal procurera des moyens de
subsistance à une infinité de malheureux
que la stagnation du commerce laisse
sans ouvrage.
A arrêté qu'elle se joint aux
communautés circonvoisines pour
témoigner le désir qu'elle a de voir
bientôt ce canal et qu'elle y
contribuera avec tout le
désintéressement possible en ce qui
pourrait la concerner.
Observe que pour une infinité de
raisons, il serait préjudiciable à la
paroisse de Mouy qu'il passât dans
l'intérieur du pays et qu'il serait au
contraire plus convenable sous tous les
rapports qu'il soit pratiqué dans la
prairie entre Mouy et Angy.
Déclarant au surplus, qu'elle ne peut
consentir et s'oppose même, à ce que ce
canal soit placé dans l'intérieur de
Mouy tel qu'il parait que le projet a
été conçu.
Fait et arrêté en la dite assemblée
le dit jour et an.
Signés par : Racine - Poilleux -
Charles Horoy - Claude Pasque -
Louis Parmentier - Joseph Crouzet -
Maupin Abadie - Robert Dupuis -
Louis Prince - Lucien Briquet -
Chailly - Saint-Omer - Parmentier.
Enfin en 1825 le projet semblait devoir
aboutir et le canal avait déjà reçu le
nom de Charles X.
L' eau que boivent les hommes

Ce sont les eaux pluviales qui
engendrent les sources dont le nombre et
l'importance varient selon que les
terrains sont perméables ou non. Il en
résulte que là ou les eaux de pluie
pénètrent profondément dans le sol les
cours d'eau sont rares et les puits
profonds.
La rivière, la source (ou fontaine)
le puits sont les approvisionneurs de
l'eau à boire. On sait peu de chose du
geste quotidien de la quête de l'eau.
Seuls les puits retinrent l'attention à
cause de leur coût.
Les
puits creusés engageant des dépenses,
ils sont le plus souvent la propriété de
plusieurs. Partout on les protège, en
les couvrant d'un toit de pierre ou de
chaume.
Avec l'orthographe du moment, nous
avons retrouvé une demande pour réaliser
un puits en l'an 7 de la République
(1799).
Aux citoyens composants
l'administration municipale
Citoyens,
Eloi Beranger, Cordonnier, Louis
Monborgne, taillandier, Georges
Leroy, Charpentier et Noël Vaudree,
Charon, tous quatre domiciliés de
la commune de Mouy en la rue pavée
d'en haut; vous représentent que
aucun d'eux n'ayant de puits dans sa
maison, ils éprouvent une difficulté
aussi gênante que fatigante pour se
procurer l'eau qui leur est
nécessaire puisqu'ils sont obligés
d'aller à la rivière qui est fort
éloignée de leurs domiciles.
C'est pour remédier à cette
difficulté et pénible inconvénient
qu'ils sont convenus entre eux de
faire percer et construire à leurs
frais communs un puits et sa charge
d'entretien, sur la gauche de
l'entrée de la rue dite des Caves à
la distance voulue par les coutumes
et lois du mur de la maison
appartenante actuellement aux
héritiers de faire la veuve
DERVILLER s'il plaisait à
l'administration de leur en accorder
la permission.
Outre que cet emplacement peut
comporter cette construction sans
nuire au passage des gens de pied,
ni des voitures, c'est que ce puits
ainsi placé procurera le double
avantage d'un prompt secours dans
les cas d'incendie dans ce quartier
et afin de prévenir tous accidents
tant de jours que de nuits, les
soussignés s'engagent de le faire
couvrir et fermer d'une porte.
Sous ces considérations, ils vous
prient citoyens de leur accorder la
permission de faire percer et
construire le puits dont il s'agit
aux charges , conditions et
obligations ci dessus exprimées.
Comme aussi de leur fixer la place
et l'étendue qu'il plaise à
l'administration qui lui soit donnée
invariablement.
L'autorisation fut accordée pour un
puits de trente pouces de diamètre non
compris les murs qui auront 18 à 20
pouces d'épaisseur. (1 pouce = 27, 07
mm).
Il y a des fontaines dans la plupart des
vallées; l'une des plus remarquables par
la "bonté" de ses eaux, est la fontaine
du Tilleul à Ansacq; il en existe
plusieurs autres entre Thury et Saint
Félix à Angy, dans les marais de Heilles
et dans le vallon de Rousseloy. Il n'y
en a point dont les eaux soient
minérales.
Les fontaines filtrantes en grès du
Beauvaisis

C'est surtout à Savignies (Oise)
qu'on avait la spécialité de fabriquer
des fontaines à usage domestique; elles
étaient destinées à faire de l'eau
potable, et étaient dites "sablées".
C'est à dire qu'elles filtraient les
impuretés grâce à plusieurs couches de
sable dont les grains étaient de taille
variable.
Par la suite en 1821, un potier de
Savignies dénommé MARECHAL déposa un
brevet d'invention pour une nouvelle
fontaine épuratoire. L'amélioration
consistait à ajouter une paroi poreuse
doublée d'une couche de charbon de bois
pilé très fin, substance bien connue
pour ses propriétés absorbantes et
désinfectantes.
L'eau limpide n'avait plus de mauvaises
odeurs.