Passé industriel du canton

Le XIXème siècle a été une période de développement industriel pour la vallée du Thérain. Grâce à la rivière et à la force motrice de son courant, les moulins ont permis l'utilisation de machines mécaniques. St Félix, Hondainville, Bury, Angy et Mouy sont les principales communes qui en tirent profit.

Les différentes retenues d'eau indispensables pour réguler le débit des roues ont sans doute envasé le fond de la vallée déjà marécageuse. Les travaux agricoles ont été renvoyés sur les plateaux qui bordent la vallée.

Mouy devient un des centres industriels les plus performants de la région. En 1900, on relève, entre autre :

 2 Fabriques de bouteilles d’acétylène

 1 Fabrique  d'articles de bureau

 1 Fabrique de cannes à pêche

 2 Fabriques de boutons

 2 briqueteries

 3 brosseries

 1 fabrique de cardes*

 9 fabriques de chaussures

 2 imprimeries

 1 fabrique de talons

 1 fabrique de tapis

 Après la guerre de 1914/1918 le nombre d'usines diminue (regroupement ou disparition). Les secteurs de la chaussure et du tissage qui occupaient beaucoup la main d'œuvre locale sont les plus touchés.

 Toutefois on relève encore :

 1 fabrique d'acétylène

 1 fabrique d'articles de bureau

 1 fabrique de cannes à pêche

 1 fabrique de cadres

 1 fabrique de cartonnages

 4 fabriques de chaussures

 1 fabrique de couleurs

 1 fabrique de boutons

 1 briqueterie

 2 brosseries

 1 imprimerie

 1 mégisserie

 1 fabrique d'uniformes militaires.

 (ne figurent pas dans ces listes les   établissements inscrits dans les communes limitrophes)

Les activités dominantes de cette époque tournent autour de la chaussure (essor puis diminution), du tissage (diminution puis disparition) et de la brosserie (naissance puis extension).

*Les cardes servent à carder la laine

Les établissements J-M PAILLARD

 

Pour un nouvel habitant de Mouy, le parc George Sand avec son petit étang, ses arbres, son pont enjambant un ruisseau, la rivière qui sert de limite, est un endroit bien agréable et plein de surprises. Comment peut-on s'imaginer qu'à l'endroit où des enfants roulent aujourd'hui à bicyclette et sur l'emplacement du parking et du nouveau quartier, se dressaient les bâtiments d'une usine dont la production était connue partout en France. Les Etablissements Paillard, puisqu'il s'agit de cette entreprise, sont connus à Mouy depuis 1898, date du début de leur implantation dans la commune.
Première en France jusqu'en 1978, la fabrique de tablettes de couleurs pour l'aquarelle et de lavis a vu le jour à Paris en 1788. Créée par Monsieur P.C. LAMBERTYE*, elle a été reprise en 1822 par Monsieur Panier puis en 1850 par Monsieur J-M PAILLARD.

Quarante cinq ans plus tard, Monsieur Eugène Moreau reprend la société en conservant le nom de J-M PAILLARD et lui donne une rapide extension.

*Lors d'une exposition consacrée à Joséphine de Beauharnais au château de la Malmaison à Rueil, on pouvait voir, dans une vitrine où était exposé le nécessaire de peintre de sa fille Hortense, qu'elle utilisait des couleurs LAMBERTYE.

1898 Achat d'une usine à Mouy, dans la vallée du Thérain. Elle utilisera pour une partie de ses ateliers l'énergie fournie par une puissante roue hydraulique.
 

1903 Monsieur Eugène Moreau constitue « La Société Anonyme des anciens établissements PAILLARD ».

1912 Les derniers ateliers de Paris sont transférés dans l'usine de Mouy. De ces ateliers parisiens nous ne savons pas grand-chose, si ce n'est la représentation de l'entreprise sur le nouveau tarif de 1881 (la réalité a été sans doute enjolivée à cette occasion pour mettre en avant les magasins de la Société). Signalons l'existence d'un atelier de fabrication de stylos situé 17 passage St Sébastien qui a joui d'une certaine renommée.
 

1915 La société J-M PAILLARD employait 82 ouvriers d'après la matrice des patentes (archives de Mouy PP3037).
Dans les pages intérieures du tarif de 1881 sont rappelés les noms des différents chefs d'entreprise qui se sont succédés à la tête de cette vénérable maison.
On y apprend qu'en 1878 la Société a obtenu 6 médailles d'argent et une médaille d'or lors de l'exposition universelle de Paris.
On peut voir également en regardant attentivement le dessin qui sert de marque de fabrique, à gauche un blason qui rappelle les armes de la ville de Paris et à droite un blason qui fait penser aux armes « des laines du bon pasteur » de Balagny.

 

1920
L'extension rapide des activités oblige le déplacement de l'atelier « bois et ébénisterie de bureau », en dehors du site de Mouy. Une seconde usine dans la commune de Bury va se spécialiser dans le travail du bois.
Chez J-M PAILLARD le secteur bois n'est pas une activité secondaire, il est primordial pour l'écoulement de la production de l'usine de Mouy.

L'usine de Bury

Les troncs de peuplier, d'aulne, de hêtre, de platane, arrivent directement des forêts voisines. Le poirier provient des plateaux suisses et le noyer d'Auvergne, les essences rares : ébène, acajou, tulipier viennent d'outremer. Dés leur arrivée ils sont tronçonnés en morceaux de 3 à 4 m puis découpés dans le sens de la longueur en plateaux de 7 à 10 cm d'épaisseur pour être mis à sécher pendant 2 à 3 ans suivant les essences.

Après séchage, ces plateaux sont « dédoublés » c'est-à-dire découpés en minces planches qui seront utilisées dans la fabrication de deux spécialités :
a) Le dessin :
Planches à dessin - Équerres - Tés - Rapporteurs - Règles Doubles décimètres - Tampons buvard - Porte plumes
b) L'ébénisterie :
Boîtes à fiches - Classeurs - Coffrets - Vitrines d'exposition Palettes - Ébauchoirs - Chevalets
*- Mirettes pour modelage

*Une gamme très importante s'étendant du chevalet d'amateur au chevalet de professionnel, était vendue dans plus de cinquante pays dont U.S.A, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, etc...

Tous les articles sont protégés par une laque ou un vernis spécial préparé à l'usine de Mouy ce qui permet d'obtenir des articles de premier choix qui portent la marque J-M PAILLARD.

Sur une brochure descriptive de l'entreprise, éditée autour des années 1925/30, on relève que l'atelier d'ébénisterie, d'un seul tenant, se compose de deux parties : la partie machine et la partie travail à la main. On nous présente une série de machines de ces années-là : scie, affûteuse, raboteuse, ponceuse, tour à bois, etc...

1935
Monsieur René Paul Moreau est désigné Président Directeur Général.

1938
Construction d'une nouvelle usine parachimie (On désigne sous cette appellation l'usine de Mouy où sont fabriquées les couleurs).

L'usine de Mouy

La fabrication des couleurs Paillard est l'activité la plus ancienne de l'usine. Les articles qui y sont fabriqués sont connus de tous pour leur qualité qu'il s'agisse de l'omnigouache comme de l'encre de Chine Yang-Tsé.
240 personnes travaillent dans ce secteur où sont produits des articles scolaires ou de loisir.
*

*En 1964, 420 personnes à Mouy et plus de 20 à Bury

 

 

 

 

Scolaire :

Beaux-arts :

De bureau :

Gouache au doigt

Gouache liquide

Couleur en poudre

Omnnigouache

Gouache indélébile

Gouache aquarelle en godets et tubes

Couleur à l'huile

Couleur acrylique*

Pastels

Craies d'art

*Tant pour la gouache que pour l'aquarelle environ 72 nuances de couleur sont présentées dans le catalogue de 1881.

Encre de Chine Yang-Tsé

Colles : Alba Colle pour collage papier, tissu et bois.

Gomme Sénégal,gomme arabique de haute qualité.

Tampons encreurs

L'organisation de cette unité peut se résumer en deux grandes parties :

a) fabrication
Les produits semi liquides : les gouaches, pâtes et huiles (omnigouaches, huiles, encre pour eau-forte, gouache au doigt).
Les produits en poudre : la gouache en poudre, les pastilles (les pastilles étant de la poudre comprimée très fortement).
Les liquides : l'encre violette (celle destinée aux écoles de Mouy était livrée gratuitement en tonnelets), l'encre indélébile de couleur, l'encre de Chine
*, la gouache liquide.
Les sociétés J-M PAILLARD avaient également une petite usine à Marseille (La Capellette) qui fabriquait les encres destinées aux clients d'Afrique du nord.

b) conditionnement

Un atelier d'emboutissage pour boîtes en métal permet de fabriquer intégralement les conditionnements métalliques.

*La véritable encre de chine n'existe qu'en noire. Chez J.M Paillard l'encre est obtenue par mixage de noir de carbone, gomme laque et eau. Elle est ensuite chauffée puis refroidie, elle est alors en forme de pâte, -;.. réchauffée à 160° puis passée à travers des grilles microscopiques.

L'atelier le plus important est naturellement celui des tubes de gouache dont J-M PAILLARD s'est fait la spécialité.
L'organisation est telle qu'aucune machine n'est réglée à moins d'une journée de production. La difficulté étant la perte de produit quand on procède au nettoyage de la machine pour changer la couleur de la fabrication. L'entreprise dispose donc de machines pouvant produire pour les plus petites, de 8 à 10 000 tubes/jour, pour les machines intermédiaires de 15 à 20 000 tubes/jour et pour les machines de grosses séries, de 28 à 35 000 tubes/jour.
Ces machines sont servies par une à trois personnes, suivant que les produits sont mis directement en boîte et livrés au stockage " produits finis " ou en palettes intermédiaires pour être destinés à l'atelier de garnissage des boîtes et des coffrets.

 

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